Solidarity, l’essai clinique de l’OMS, fournit de premières données ‘potentiellement positives’

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L’Organisation mondiale de la santé a déclaré que plusieurs traitements semblaient limiter la gravité ou la durée de la Covid-19, rapporte l’agence Reuters ce mardi. L’OMS a également fait savoir qu’elle s’efforçait d’en apprendre davantage sur les plus prometteurs d’entre eux.

‘Nous disposons de certains traitements qui semblent limiter la gravité ou la durée de la maladie, selon des études préliminaires’, a déclaré la porte-parole Margaret Harris lors d’un briefing sur l’état d’avancement du vaste essai clinique international baptisé Solidarity. ‘Mais nous n’avons rien qui puisse tuer ou arrêter le virus’, a-t-elle toutefois ajouté.

Lancée par l’OMS, cette initiative internationale vise à développer des médicaments, des tests et des vaccins sûrs et efficaces pour traiter, diagnostiquer et prévenir la Covid-19. À ce jour, cette maladie causée par le nouveau coronavirus a déjà infecté plus de 4,3 millions de personnes dans le monde et provoqué la mort de plus de 290.000 d’entre elles, selon le site de statistiques Worldometer.

‘Nous avons des données potentiellement positives, mais nous avons besoin de plus de données afin d’être sûrs à 100% que nous pouvons conseiller ce traitement plutôt que celui-là’, a poursuivi Margaret Harris.

Discovery patine

L’annonce de l’OMS est assurément une bonne nouvelle dans la mesure où les dernières informations concernant un autre essai clinique à grande échelle, Discovery, n’incitaient pas à l’optimisme. Ses premiers résultats étaient attendus pour le courant du mois d’avril, mais toujours rien n’a été communiqué.

‘Nous ne rencontrons pas de mauvaise volonté, nous rencontrons des difficultés réglementaires’, avait expliqué la semaine dernière l’infectiologue Florence Ader, qui pilote le projet pour l’Inserm, l’organisme qui chapeaute la recherche médicale en France. Discovery comptait alors seulement 740 patients sur les 3.200 initialement prévus, et tous en France à l’exception d’un seul Luxembourg, alors qu’il devait en provenir de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne, du Royaume-Uni et d’Espagne.

Pire, ces deux derniers pays semblaient même avoir fait faux bond à l’essai clinique Discovery, selon Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat, à Paris, dans le journal Le Monde.

‘En Belgique, certains cliniciens qui espéraient participer à Discovery, puis à Solidarity, n’ont pu à ce stade accéder ni à l’un ni à l’autre, et craignent que ces retards aient pu constituer une perte de chance pour certains patients, qui n’ont pu bénéficier de ces molécules…’, expliquait-il encore.

‘Difficile d’élaborer des vaccins’

Concernant l’élaboration d’un vaccin, la porte-parole de l’OMS a appelé à ne pas nourrir des attentes trop élevées. La responsable a rappelé que les coronavirus sont des ‘virus très complexes’, contre lesquels il est ‘difficile d’élaborer des vaccins’.

À travers le monde, des dizaines de vaccins sont en cours de développement, à des stades divers. Si certains laboratoires n’hésitent pas à évoquer l’automne pour la mise au point possible d’un vaccin, le consensus scientifique estime plutôt que 12 à 18 mois seront nécessaires pour y parvenir, si l’on y parvient.