Shell vise la neutralité carbone pour… 2050

Isopix

Royal Dutch Shell vient de dévoiler son nouvel objectif: devenir une entreprise à zéro émission nette d’ici 2050… Voire plus tôt. Shell compte vendre plus d’énergie verte pour aider à réduire l’impact climatique de ses activités.

Ben van Beurden, le directeur général de Shell, a déclaré que la société doit se concentrer sur le long terme ‘même en cette période de défi immédiat’ causée par la pandémie de Covid-19. C’est que l’échéance de 2050 semble bien loin de notre remise en question régulière par le coronavirus. Mais le réchauffement climatique n’en poursuit pas moins son petit bonhomme de chemin.

‘Les attentes de la société ont rapidement évolué dans le débat sur le changement climatique. Shell doit maintenant aller plus loin dans ses propres ambitions, c’est pourquoi nous visons à devenir une entreprise énergétique à émissions nettes nulles d’ici 2050 ou plus tôt. La société et nos clients n’en attendent pas moins’, a déclaré Ben van Beurden.

Vitesse supérieure

D’aucuns diront sans doute qu’il vaut mieux tard que jamais, ou encore que c’est l’intention qui compte. Shell en militant climatique, qui l’eût cru? Les chiffres l’attestent pourtant noir sur blanc.

Ben Van Beurden a ainsi déclaré aux investisseurs que l’entreprise renforcerait son objectif actuel de réduire l’intensité carbone de ses produits de 50% en 30 ans, pour atteindre 65% en 2050. Le plan comprend également un objectif intermédiaire de réduction des émissions de plus d’un tiers d’ici 2030, contre 20% auparavant.

Énergie verte

Pour atteindre de tels objectifs, Shell compte se réorienter vers la vente de produits énergétiques ‘propres’, tels que les biocarburants. L’entreprise pétrolière et gazière collaborera aussi avec ses clients neutres en carbone pour compenser son impact.

Parmi ceux-ci, les grandes compagnies aériennes avec qui elle aimerait ‘partager le fardeau’ de la compensation du carbone des carburants à base de combustibles fossiles. Cette compensation pourra se faire grâce à de nouvelles technologies de capture du carbone ou à des solutions simples comme planter des arbres. Bien que cette méthode soit souvent dénoncée par certaines organisations environnementales comme une stratégie commerciale.

Richard George, responsable de la campagne climatique de Greenpeace UK, a d’ailleurs déjà réagi: ‘un plan crédible de Shell pour un taux net zéro commencerait par un engagement à arrêter les forages pour trouver de nouveaux gisements de pétrole et de gaz’, déclare-t-il à The Guardian.

‘Au lieu de cela, les investisseurs se font avoir avec de vagues aspirations qui ne s’attaquent pas à la monstrueuse empreinte carbone de Shell et qui ne font pas porter la responsabilité de la compensation de leurs émissions aux clients de Shell’. Finalement, rien de bien nouveau sous le soleil?

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