Robinhood, l’application controversée qui rend dingue la génération Y

De la folie des prix autour de Tesla aux frasques de l’action Hertz, les millions d’utilisateurs de l’application pour investisseurs Robinhood ont une influence croissante sur le marché boursier américain. Cependant, certains jeunes investisseurs ne connaissent pas leurs limites, ce qui entraîne des drames personnels.

La folie

  • Ils étaient près de 40.000. Les utilisateurs de l’application Robinhood qui ont acheté des actions Tesla en seulement quatre heures ont alimenté la folie boursière entourant le constructeur de voitures électriques.
  • La fête de lundi a toutefois été de courte durée, car le cours de Tesla, qui à un moment donné était à 16% de profit, a terminé la journée en baisse de 3%. Cela signifie qu’il y a de fortes chances que certains traders compulsifs soient déjà aux prises avec des pertes virtuelles substantielles.
  • Ce n’est pas la première fois que les traders de Robinhood agissent en groupe. Ils étaient également derrière les bizarreries du cours de Hertz le mois dernier. Le prix de l’action a soudainement grimpé en flèche, tandis que la société de location de voitures en difficulté a dû demander un report de paiement quelques jours plus tôt.

Les Robinhood traders font de Wall Street un casino

L’attractivité

  • Robinhood est dispo uniquement pour les investisseurs américains. L’application compte 13 millions d’utilisateurs et a gagné en popularité pendant la crise du coronavirus. L’âge moyen des utilisateurs est de 31 ans et la moitié des utilisateurs sont des nouveaux venus dans le monde des investisseurs. La plate-forme est particulièrement populaire auprès des millénials, les personnes nées entre 1980 et 2000.
  • L’argument marketing est la promesse de Robinhood que chaque transaction est gratuite, sans frais de commission. La plate-forme tire ses revenus de services plus avancés, pour lesquels il est nécessaire de payer. Mais le client novice a un accès gratuit aux actions de trading, aux trackers, aux options et aux cryptomonnaies comme le bitcoin.
  • L’application attire l’attention de l’utilisateur de smartphone via une sorte de « gamification ». Les tapotements et les félicitations que reçoit le trader rappellent beaucoup les récompenses dans les jeux ou les gains de niveau.

Les dangers

  • Les critiques considèrent que la plate-forme est trop similaire à un casino en ligne. Les jeunes investisseurs inexpérimentés sous-estiment les dangers de la négociation d’actions. En ressort une certaine impulsivité.
  • Deuxième critique: Robinhood cultive le comportement du troupeau, car la plateforme fournit de nombreuses informations (anonymisées) sur ce que font les autres investisseurs. Le RobinTrack, une sorte de tableau de bord, montre, par exemple, que Tesla, avec 458.000 propriétaires, se classe dixième dans la liste des actions les plus populaires. Pour l’anecdote: les trois premières placent sont prises par trois compagnies américaines traditionnelles: Ford, General Electric et American Airlines.
  • Un drame récent oblige Robinhood à repenser ses politiques. Alex Kearns, 20 ans, s’est suicidé, voyant son solde être négatif à 730.000 $.
  • Robinhood envisage maintenant des conditions d’admission plus strictes et prévoit d’organiser des cours en ligne sur ces derniers.

Les détails

Baiju Bhatt et Vlad Tenev, les fondateurs de Robinhood.
  • La société a annoncé hier la levée de 320 millions de dollars supplémentaires auprès de plusieurs investisseurs existants et nouveaux, en plus des 280 millions de dollars précédemment annoncés. Cela revient donc à un nouveau trésor de guerre de 600 millions de dollars. L’entreprise est maintenant évaluée à 8,6 milliards de dollars.
  • Marc Andreessen et Google Ventures sont parmi les actionnaires. Les premiers investisseurs bien connus sont le chanteur-acteur Jared Leto, l’acteur Ashton Kushner ou encore les rappeurs Snoop Dogg et Nas.
  • Les deux fondateurs ont une trentaine d’années. Baiju Bhatt et Vlad Tenev ont fondé Robinhood en 2013. Ils sont tous deux fils d’immigrants venus travailler aux États-Unis. Il n’est pas tout à fait clair à quel point leur intérêt est important après la dernière injection de capitaux. Selon les estimations de l’agence d’étude EquityZen, ils peuvent néanmoins s’appeler milliardaires depuis le printemps 2018. À l’époque, ils détenaient environ un tiers de l’entreprise. À cette époque, Robinhood comptait ‘seulement’ 4 millions de clients.
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