Plus on joue aux jeux vidéo, plus on est heureux: l’université d’Oxford publie une étude renversante

Image du Brasil Game Show de 2019, à Sao Paulo – Isopix

Alors que toutes les études précédentes concluaient que les jeux vidéo étaient néfastes pour la santé mentale, des chercheurs de l’université d’Oxford sont arrivés à un tout autre constat. Jouer aux jeux vidéo rend heureux… et ce serait encore mieux si on joue plusieurs heures par jour.

On peut parler de petite révolution dans l’univers qui relie la psychologie au jeu vidéo. Le professeur Andrew Przybylski, de la prestigieuse université d’Oxford, s’est rendu compte que l’immense majorité des études traitant des effets du jeu vidéo sur la santé mentale reposait sur des données biaisées. En effet, elles se basaient essentiellement sur le temps de jeu ‘estimé’ par les joueurs, et non sur leur temps de jeu réel.

Désireux d’établir une enquête plus fiable, ce spécialiste en psychologie expérimentale a demandé à Nintendo et à Electronic Arts de fournir à son équipe les données exactes (anonymisées) du temps de jeu passé par 3.274 de leurs joueurs sur les jeux Animal Crossing: New Horizons et Plants vs Zombie: Battle for Neighborville . Les sondés (tous majeurs) ont, de leur côté, répondu à des questionnaires relatifs à leur bien-être.

Les résultats de l’étude ont totalement surpris les chercheurs.

Jouer longtemps rendrait heureux

Depuis 40 ans, les études sur le sujet montrent que les personnes qui passent beaucoup de temps sur les jeux vidéo ont tendance à être plus malheureuses. Les données récoltées par les chercheurs de l’université d’Oxford montrent l’inverse.

‘Si vous jouez à Animal Crossing quatre heures par jour, tous les jours, vous êtes susceptible de dire que vous vous sentez nettement plus heureux que quelqu’un qui ne joue pas‘, a déclaré le professeur Przybylski.

Les graphiques démontrent que les joueurs qui passent beaucoup de temps devant leur console ont tendance à se décrire comme plus heureuses – University of Oxford

Le professeur pense que c’est la nature des deux jeux étudiés, qui reposent tous les deux énormément sur les interactions entre les joueurs, qui est susceptible de rendre ceux-ci plus heureux. Et cela semble d’autant plus vrai en période de pandémie mondiale et de confinement.

Interrogé par la BBC, Andrew Przybylski a tout de même tenu à nuancer les conclusions de son étude: ‘Cela ne veut pas dire qu’Animal Crossing en soi vous rend heureux’. Il a notamment précisé que les personnes qui jouent par ‘obligation’, pour par exemple chercher à fuir le stress de leur quotidien, étaient moins heureuses que celles qui jouaient uniquement pour le plaisir.

La porte ouverte à d’autres études

Le chercheur indique également que son étude n’était pas destinée principalement à savoir si les jeux vidéo rendaient (ou non) heureux. Mais plutôt de voir si les données fournies par les éditeurs pouvaient s’avérer utiles pour les recherches universitaires et les politiques de santé. Et la réponse est oui.

‘Je pense vraiment que si la recherche se poursuit, nous en apprendrons davantage sur les choses que nous considérons comme toxiques dans les jeux vidéo. Et nous aurons des preuves que ces éléments sont effectivement toxiques’, a-t-il ajouté, auprès du Guardian.

Le professeur Przybylski espère que son étude ouvrira la voie à d’autres, qui porteront sur des jeux différents, des joueurs d’un âge différent ou sur d’autres aspects de la santé mentale.

‘Il y a des organismes très importants et respectés, comme l’OMS et le NHS (ndlr : le système de la santé publique du Royaume-Uni), qui accordent de l’attention et des ressources à quelque chose sur lequel il n’y a littéralement aucune donnée fiable. Ce qui est choquant, pour moi, c’est le risque que prennent ces organisations au niveau de leur réputation, au vu des enjeux du phénomène. Elles vont dire : « Hé, ce truc que font 95% des adolescents ? Oui, c’est une dépendance. Mais non, nous n’avons pas de données là-dessus ». Cela n’a aucun sens’, a-t-il conclu.