Pénurie de puces : le plus grand fabricant au monde met les bouchées doubles, mais reste pessimiste

Le fabricant taïwanais TSMC vient de faire part de son projet de construire une nouvelle usine des puces au Japon. Une nouvelle infrastructure qui ne devrait malheureusement pas avoir d’effets positifs à court terme sur la pénurie de processeurs.

La rumeur courrait depuis un moment, c’est désormais officiel : TSMC va ouvrir une usine de puces au Japon, afin d’augmenter ses capacités de production. Depuis plusieurs mois, la firme taïwanaise multiplie les efforts pour tenter de répondre à l’explosion de la demande de processeurs liée à la crise sanitaire. Cette dernière a en effet poussé un grand nombre de personnes à se procurer un ordinateur portable ou une tablette pour télétravailler ou suivre leurs cours à distance, entrainant une hausse de la demande en puces. La pandémie a également mis à mal le rythme de production en raison des confinements, creusant encore un peu plus la pénurie de processeurs. Malgré les efforts réalisés par les fabricants, la situation est toujours compliquée et devrait rester tendue tout au long de 2022, estime TSMC, et ce, malgré son projet d’une nouvelle usine au Japon.

Car, oui, si le fabricant prévoit en effet d’ouvrir une nouvelle usine, cette dernière ne sera pas opérationnelle avant plusieurs années. Sa construction prendra du temps. Elle ne devrait pas fournir de puces avant fin 2024. D’ailleurs, le projet d’usine japonaise de TSMC doit encore recevoir l’approbation de son conseil d’administration avant d’être mis en route.

« En 2023, j’espère que nous pourrons offrir plus de capacité pour soutenir nos clients. À ce moment-là, nous commencerons à voir le resserrement de la chaine d’approvisionnement se relâcher un peu » avait déjà ainsi C.C. Wei, le PDG de TSMC, en avril dernier.

Une usine pour les « anciennes puces »

L’usine japonaise TSMC se focalisera sur la production de processeurs avec des technologies anciennes, celles qui sont actuellement les plus demandées par les constructeurs et donc, celles qui sont en pénurie. Ce sont ces puces en particulier que l’on retrouve dans les voitures, au niveau des airbags ou des ceintures de sécurité, mais aussi dans le système de gestion d’alimentation des iPhone, indique The Verge. Si leurs technologiques ne sont pas nouvelles, elles restent particulièrement demandées, car intégrées à de nombreux produits.

Pour financer sa nouvelle usine, TSMC pourra compter sur une participation du gouvernement japonais, mais l’entreprise pourrait également augmenter certainement le prix de ses semi-conducteurs. On parle de 10% pour les puces avancées et d’environ 20% pour les modèles plus anciens qui seront produits dans l’usine japonaise. En procédant de la sorte, TSMC espère également pousser les des constructeurs à freiner leurs commandes revues à la hausse par peur de manquer de processeurs ce qui accentue la pénurie.   

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