Pourquoi la dépendance du monde pour les puces TSMC est un énorme problème

Une pénurie de puces électroniques touche le monde entier depuis plusieurs mois. Et cela met en évidence de sérieux problèmes dans ce marché et notamment la dépendance de toutes les grandes entreprises pour le constructeur taïwanais TSMC.

La pénurie de puces électroniques qui paralyse un certain nombre de secteur – automobile, ordinateurs, consoles de jeux, etc. – est causée par différents facteurs. Cela va des problèmes géopolitiques entre les États-Unis et la Chine aux catastrophes naturelles en passant par la pandémie et le télétravail. La demande est tellement forte que les constructeurs ne savent tout simplement suivre.

Dans les faits, près de 60% de la demande repose sur le géant taïwanais TSMC. Les fournisseurs des puces sont ensuite Samsung et Intel. Mais même avec les machines qui fonctionnent à plein régime, le retard accumulé l’année dernière ne se résorbe pas. TSMC, bien qu’il soit leader dans le domaine, n’a simplement pas les épaules assez grandes pour supporter cette demande.

La dépendance des entreprises

Au cours des dernières années, voire des dernières décennies, de plus en plus de sociétés électroniques sont devenues fabless dans le domaine des puces électroniques. Cela signifie qu’elles ont tout simplement abandonné leur usine pour se concentrer uniquement sur la conception de ces puces. Elles envoient ensuite leur plan aux usines de construction comme TSMC. Apple, Sony, PlayStation, Qualcomm, Nvidia, Ford ou encore Tesla, ce ne sont qu’un tout petit échantillon des nombreuses entreprises qui font appel à TSMC. Certaines puces, comme les fameuses M1 d’Apple ne sont réalisables que par le biais de l’entreprise taïwanaise.

Et cette dépendance est un problème majeur à deux titres. D’une part, parce que TSMC, même s’il annoncé des investissements massifs pour construire de nouvelles usines, ne sait pas suivre la demande. Mais surtout, d’autre part, parce que cela donne un énorme pouvoir au géant des puces électroniques.

TSMC peut :

  • Fixer les prix selon ses désidératas. Récemment, l’entreprise a annoncé que pour pouvoir financer les investissements d’agrandissement et de création d’usines, les prix allaient augmenter.
  • Décider quelles puces passent en premier lieu. Les puces pour les ordinateurs, les smartphones, la 5G, etc. rapportent beaucoup plus que les semiconducteurs pour les voitures. Les commandes les plus intéressantes sont donc prioritaires, ce qui explique pourquoi les délais de livraison du secteur automobile sont plus longs.

Quelle concurrence ?

Assez logiquement, on pourrait se dire que TSMC doit faire attention, car en se comportant comme un despote, ses clients pourraient se tourner vers la concurrence. Mais les autres entreprises comme Samsung et Intel sont encore plus limitées dans leur production et ont beaucoup de retard sur les technologies de TSMC.

Le président américain, Joe Biden, a annoncé que les États-Unis prévoyaient 50 milliards de dollars pour augmenter la production de puces au niveau national. Toutefois, selon IC Insights, une société de recherche, il faudrait environ 30 milliards de dollars par an pendant 5 ans pour avoir une chance de rattraper Samsung et TSMC.

Les États-Unis comptent énormément sur Intel pour que l’entreprise, autrefois leader, réussisse à reprendre des parts de marchés. La société a pour cela annoncé la construction de deux nouvelles usines en Arizona. Mais dans le même temps, TSMC a elle aussi annoncé la création d’une usine en Arizona et jusqu’à 5 autres suivront dans d’ici 10 à 15 ans. Difficile de rivaliser.

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