L’OPEP va-t-elle à nouveau réduire la production pour relancer les prix du pétrole ?

Les membres de l’OPEP+ se réuniront dimanche pour décider les quotas de production pour le mois de janvier. Au vu du regain de covid en Chine, la demande pour le pétrole est en baisse, tout comme son prix. Ce qui pourrait motiver l’OPEP à réduire les quotas de production pour maintenir les prix élevés. L’année prochaine, le prix pourrait remonter jusqu’à 110 dollars le baril.

Pourquoi est-ce important ?

L'OPEP+, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, réunit environ 40% de la production mondiale de pétrole. Les décisions de ce cartel ont une influence sur le prix de l'or noir.

Dans l’actu : la réunion de l’OPEP+ aura lieu le 4 décembre.

  • « Je pense qu’il y a une forte probabilité que nous voyions une réduction », écrit Jeff Currie, expert en matières premières pour Goldman Sachs, cité par CNBC.
  • Il ne donne pas de chiffre précis. Mais des rumeurs sont apparues mardi, selon lesquelles l’Irak connaîtrait le chiffre à l’ordre du jour : une réduction de deux millions de barils par jour.
  • À l’heure actuelle, cela ne semble être que des rumeurs. D’autres sources ont par exemple indiqué qu’une hausse de 500.000 barils par jour serait prévue.
  • À l’approche de ces réunions, les rumeurs et tentatives de prévision de ce type vont toujours bon train. Mais notons que début octobre, l’OPEP a finalement décidé d’imposer une réduction qui dépassait, de loin, les paris les plus téméraires, à savoir deux millions de barils par jour.

L’essentiel : pourquoi une réduction est probable.

  • Cette réduction massive, décidée en octobre et implémentée sur le mois de novembre, n’a finalement pas eu l’effet escompté. L’OPEP+ joue avec l’offre pour garder les prix hauts, car la demande (avec les craintes de récession) est en chute, ce qui fait baisser les prix. Or, les prix avaient quelque peu remonté après l’effet choc de la nouvelle, mais ont ensuite continué leur baisse.
    • Ce mercredi matin, le WTI s’échange à 79 dollars le baril et le Brent à 83 dollars.
  • C’est surtout la Chine qui provoque cette baisse du prix, avec sa politique zéro Covid. « Cela vaut plus que la réduction de l’OPEP pour le mois de novembre, mettons cela en perspective », explique Currie.
    • Une nouvelle vague de covid déferle sur le pays. Ce qui veut dire : nouvelle vague de confinements.
    • Une vague de contestation s’est également levée, contre les mesures sanitaires drastiques.
    • Les deux événements font craindre un recul de l’activité économique : le marché s’attend à une pression vers le bas sur le prix de l’or noir.
  • Currie cite également le fait que la Russie vend actuellement à tout va, avant que l’embargo européen sur le brut entre en vigueur (5 décembre) ; ce qui fait qu’il y a une augmentation de l’offre, qui fait baisser les prix.
    • Ce qui va se passer après l’embargo, à court et à moyen terme, en termes d’offre, de demande et de prix, semble aujourd’hui encore assez incertain.

Le détail : évolution du prix.

  • Reste à voir quelle sera la décision de l’OPEP+ et quel sera son impact immédiat sur le prix du baril.
  • Mais à moyen terme, Currie s’attend à un retour en force pour le prix du pétrole : 110 dollars le baril de Brent, l’année prochaine. Il parle de perspectives « très positives ».
  • C’est intéressant, car Goldman Sachs avait justement, la semaine dernière, baissé sa prévision de 10 dollars, à 100 dollars le baril.
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