L’UE ne veut pas de vague migratoire afghane: plutôt chez les autres

Jamais simple de parler à 27. Une réunion de crise s’est déroulée ce mardi et aura duré 5 heures. D’après certains commentaires, le « ton est monté ». Mais malgré des avis divergents, le message est finalement assez clair: l’UE ne fera rien pour favoriser une venue massive des Afghans.

Sécuriser les frontières et lutter contre la migration illégale. Voilà ce qui ressort de la discussion des 27 ministres européens des Affaires intérieures. Au mieux, l’UE favorisera l’accueil « des plus vulnérables », femmes et enfants, journalistes et juges. Mais pas question comme en 2015 de parler de quotas pour chaque pays. On se rappelle que l’arrivée de plus d’un million de migrants venus de Syrie avait particulièrement divisé les 27 jusqu’à provoquer une crise.

Plusieurs éléments ont pesé sur la déclaration commune. À commencer par la présidence tournante de l’UE qui est aux mains de la Slovénie. Elle a clairement marqué de son empreinte le texte – « non à une vague migratoire » – ce qui n’a pas dérangé plusieurs pays dont la France et l’Allemagne, qui tous deux sont en pré-campagne en vue d’importantes élections.

Négocier avec les pays voisins

L’Europe s’est fixé deux objectifs pour éviter de revivre le scénario de 2015:

  • Éviter une crise humanitaire. Pour cela, l’UE a renforcé son enveloppe à hauteur de 200 millions d’euros à destination de l’Afghanistan et des organisations humanitaires sur place. Cependant, l’UE est bien consciente qu’une éventuelle crise humanitaire est surtout dépendante de l’attitude des talibans. À ce titre, l’aide au développement de l’UE est pour le moment suspendue.
  • Un soutien aux « pays voisins et de transit ». « Nous nous sommes engagés à accroître notre soutien aux pays tiers qui accueillent un grand nombre de migrants et de réfugiés », a déclaré le ministre slovène de l’Intérieur Aleš Hojs. Comprendre: renforcer leurs capacités et les conditions d’accueil plutôt que de faire face à une vague de réfugiés en Europe.

On se souvient qu’en 2016, l’UE avait négocié avec la Turquie à hauteur de 6 milliards d’euros en échange d’une rétention des réfugiés sur son territoire. Un deal à double tranchant avec lequel Erdogan a beaucoup joué pour menacer l’Europe sur leurs différents désaccords.

Aujourd’hui, l’un des principaux pays de transit n’est autre que la Biélorussie. Un pays fâché avec l’UE qui n’hésite pas à ouvrir ses frontières aux vagues de réfugiés comme moyen de pression.

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