Principaux renseignements
- L’Irak et les Émirats arabes unis construisent de nouveaux corridors pétroliers pour contourner le détroit d’Ormuz.
- Abu Dhabi accélère la construction de son oléoduc ouest-est afin de doubler ses capacités d’exportation d’ici 2027.
- Les itinéraires alternatifs n’ont pas la capacité de remplacer le volume considérable de commerce perdu dans le Golfe.
Pour atténuer les graves répercussions de la fermeture du détroit d’Ormuz, l’Irak et les Émirats arabes unis développent d’urgence de nouveaux corridors de transit pétrolier. Des conclusions récentes de QuantCube Technology soulignent la vulnérabilité critique de ces nations en raison de leur forte dépendance au golfe Persique. Pour l’Irak, la crise est particulièrement aiguë ; des rapports officiels indiquent une chute spectaculaire des exportations en avril, passant de 93 millions de barils à seulement 10 millions. Pour y remédier, le gouvernement irakien donne la priorité à l’extension du réseau reliant le Kurdistan à la Turquie, dans le but de faire passer les expéditions de 220 000 à 770 000 barils par jour via le port de Ceyhan. Ce changement est vital pour l’économie irakienne qui, comme le souligne la Banque mondiale, dépend fortement du pétrole pour plus de la moitié de son PIB réel.
La diversification stratégique d’Abu Dhabi
De même, Abu Dhabi accélère la construction de l’oléoduc ouest-est menant à Fujaïrah. Prévu pour être achevé d’ici 2027, ce projet vise à doubler les capacités d’exportation de la Compagnie nationale de pétrole d’Abu Dhabi (ADNOC). Le prince héritier Cheikh Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan a insisté pour que le calendrier soit accéléré afin de garantir que les Émirats arabes unis puissent répondre aux besoins énergétiques internationaux tout en contournant le goulet d’étranglement d’Ormuz.
Attaques iraniennes par drones et missiles
Bien que les Émirats arabes unis disposent d’infrastructures existantes plus performantes que l’Irak, notamment le terminal de Fujaïrah, ces actifs ne sont pas à l’abri des conflits. Les installations des Émirats arabes unis et l’oléoduc est-ouest de l’Arabie saoudite ont tous deux été la cible de frappes de drones et de missiles iraniens, entravant les opérations de chargement.
Les obstacles diplomatiques
Malgré ces efforts, la capacité disponible des itinéraires alternatifs — estimée par l’AIE entre 3,5 et 5,5 millions de barils par jour — est largement inférieure aux 20 millions de barils qui transitaient habituellement par Ormuz avant le conflit. La mise en place de ces nouvelles voies nécessite non seulement d’énormes capitaux financiers, mais aussi des accords diplomatiques complexes entre plusieurs nations.
Risques maritimes
Le trafic maritime actuel dans le détroit reste à des niveaux historiquement bas, Lloyd’s List ayant signalé un creux en mai. Les compagnies maritimes sont désormais confrontées à un dangereux dilemme : les navires restant dans le golfe s’exposent à l’agression iranienne s’ils ne respectent pas les protocoles stricts de Téhéran, mais le respect de ces mêmes protocoles pourrait déclencher des sanctions de la part des États-Unis.
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