Principaux renseignements
- L’avantage de la Russie en termes d’effectifs diminue rapidement en raison des pertes considérables subies sur le champ de bataille.
- Les primes financières massives ne parviennent pas à attirer les recrues qui redoutent les missions suicides.
- La grave pénurie de main-d’œuvre alimente l’inflation et pèse sur l’économie nationale.
L’avantage stratégique de la Russie en termes d’effectifs commence à s’éroder. Des données récentes indiquent une baisse de 20 pour cent des enrôlements militaires au cours du premier trimestre de cette année par rapport à la période précédente. Ce recul intervient alors que Moscou fait face à des pertes colossales, certaines estimations suggérant que jusqu’à 35 000 soldats sont tués ou blessés chaque mois. C’est ce qu’écrit CNN.
Recrutement
Pour contrer cette tendance, le Kremlin a recouru à des incitations financières massives. Les recrues potentielles sont attirées par des primes à la signature pouvant atteindre 70 000 euros — un montant nettement supérieur au salaire annuel moyen — et par des offres d’effacement de dettes totalisant 120 000 euros.
Malgré ces campagnes de marketing agressives sur les réseaux sociaux et dans les espaces publics, les experts suggèrent que ces pots-de-vin financiers perdent de leur efficacité. La réticence des citoyens à s’engager, même pour des sommes qui changeraient leur vie, est attribuée aux rapports faisant état de conditions brutales et de « missions suicides » sur les lignes de front.
Pénurie de main-d’œuvre
La difficulté à remplir les rangs de l’armée a déclenché une crise économique plus large. La Russie est actuellement confrontée à la pénurie de main-d’œuvre la plus grave de son histoire, car le départ des hommes en âge de combattre affecte à la fois le front et la main-d’œuvre civile.
Alors que l’industrie de la défense fonctionne à pleine capacité avec des équipes travaillant 24 heures sur 24, cette saturation signifie que la production ne peut pas facilement s’étendre davantage, et la concurrence pour les travailleurs fait grimper les salaires et alimente l’inflation.
Le coût croissant de la guerre
Sur le plan financier, la guerre fait peser un fardeau immense sur l’État. Les coûts de recrutement et de personnel absorbent désormais une part importante du budget fédéral. Si les recettes pétrolières ont apporté un soulagement temporaire, l’économie nationale montre des signes de stagnation. Les citoyens ordinaires sont confrontés à la flambée des prix des denrées alimentaires, à la hausse des factures d’électricité et à l’augmentation des impôts, ce qui pourrait finir par éroder le soutien de la population à l’invasion.
Pour combler les lacunes, Poutine a déjà fait appel à des prisonniers, à des ressortissants étrangers et à des renforts nord-coréens. Cependant, les analystes préviennent qu’il pourrait finir par être contraint de procéder à une deuxième mobilisation générale, très impopulaire, ou d’imposer des interdictions de voyager plus strictes pour empêcher les hommes de fuir le pays.
Avantage technologique pour l’Ukraine
Dans le même temps, l’Ukraine a pris l’avantage grâce à sa souplesse technologique. En intégrant des techniques avancées de guerre par drones et de robotique, les forces ukrainiennes infligent des pertes plus importantes qu’aux étapes précédentes du conflit. Des rapports indiquent que l’utilisation innovante de systèmes sans pilote par l’Ukraine lui a permis de s’emparer de territoires et de neutraliser les troupes russes plus rapidement que Moscou ne peut les remplacer. À l’inverse, la tentative de la Russie de constituer ses propres unités de drones a été entravée par une mauvaise gestion et un manque de confiance parmi les recrues potentielles. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

