Principaux renseignements
- Le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie développent conjointement un avion de chasse de sixième génération dont le déploiement est prévu pour 2035.
- Ce « système de systèmes » intègre des drones autonomes et des centres de données en temps réel afin de garantir la souveraineté en matière de défense.
- La répartition équitable des parts entre les partenaires permet d’éviter les défaillances de leadership observées lors de précédents projets aéronautiques multinationaux.
Le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie se sont associés pour développer un avion de combat de nouvelle génération dans le cadre du Global Combat Air Programme (GCAP). Connu en Royaume-Uni sous le nom de « Tempest », ce projet a pris un caractère d’urgence suite à l’échec du Future Combat Air System (FCAS), une initiative similaire entre l’Espagne, l’Allemagne et la France.
L’avion devrait être opérationnel d’ici 2035. Il remplacera de manière moderne les flottes d’Eurofighter Typhoon en Italie et au Royaume-Uni, tout en fournissant au Japon un outil sophistiqué pour sécuriser ses vastes frontières maritimes et son espace aérien.
Alternative au F-35
Alors que de nombreux pays s’appuient actuellement sur le F-35 américain, les fluctuations du soutien politique des États-Unis à l’OTAN ont poussé plusieurs gouvernements à se doter de capacités de défense souveraines. Cette évolution souligne la valeur stratégique du GCAP. En juillet 2026, les trois nations ont concrétisé cette ambition par un accord de 4,6 milliards de livres sterling visant à faire avancer la phase de conception. Ce projet est géré par Edgewing, une coentreprise regroupant l’italien Leonardo, le britannique BAE Systems et la Japan Aircraft Industrial Enhancement Company.
Sixième génération
Le Tempest est classé parmi les chasseurs de sixième génération, ce qui le distingue des avions de cinquième génération actuellement utilisés par la Russie et la Chine. La marque de fabrique de cette nouvelle ère est une approche de « système de systèmes », dans laquelle l’avion sert de plaque tournante pour d’énormes quantités de données en temps réel provenant de satellites, de stations au sol et de moyens navals.
De plus, ces appareils commanderont des « ailiers fidèles » — des drones autonomes qui soutiennent et protègent l’avion piloté. Les capacités de furtivité, essentielles pour échapper à la détection radar et infrarouge, restent une exigence fondamentale.
Capacités techniques et obstacles
Sur le plan technologique, les partenaires sont bien équipés. Le Japon a déjà prouvé ses capacités en matière de furtivité et de vectorisation de poussée avec le prototype X-2, tandis que le Royaume-Uni a démontré son expertise en matière de furtivité autonome grâce au drone Taranis. De plus, l’Italie et le Japon exploitent des chaînes de montage du F-35, ce qui leur confère une expérience cruciale dans la fabrication d’appareils furtifs.
Le principal obstacle technique reste l’intégration transparente de l’intelligence artificielle, de la fusion des capteurs et de la furtivité au sein d’une seule et même plateforme, parallèlement au défi que représente le maintien d’une chaîne de production durable.
Risques financiers
Sur le plan organisationnel, le GCAP s’est efforcé d’éviter les écueils qui ont causé la perte du FCAS. Plutôt que d’avoir un seul leader dominant, les trois partenaires détiennent des parts égales dans l’entreprise Edgewing, ce qui leur confère un contrôle collectif sur les mises à jour matérielles et logicielles. Cette autonomie marque une rupture significative par rapport au modèle du F-35, dans lequel les États-Unis exercent un contrôle strict sur les modifications.
Malgré ces bases solides, des risques subsistent. Les projets aéronautiques multinationaux souffrent souvent de sous-estimations budgétaires ; à l’heure actuelle, le coût total du GCAP est inconnu, car les prix unitaires et les quantités commandées n’ont pas encore été finalisés. Se pose également la question complexe de la transition des pilotes. La formation des équipages à un avion de sixième génération nécessite non seulement la maîtrise d’un nouveau type d’appareil, mais aussi l’apprentissage de la gestion d’une flotte de drones sans pilote.
Bien que la capacité technique de construire cet avion existe, le succès final du projet dépendra de la capacité du financement et de la formation à suivre le rythme des ambitions élevées du programme. (fc)
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