L’économiste en chef de la BCE met en garde contre le risque que le conflit au Moyen-Orient alimente l’inflation


Principaux renseignements

  • Bien qu’un accord de paix ait été conclu entre l’Iran et les États-Unis, Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), prévient que l’inflation pourrait rester élevée pendant un certain temps encore.
  • La flambée des coûts énergétiques devrait faire passer les prix au-delà du seuil des 3 pour cent.
  • Les responsables de la BCE prévoient de nouvelles hausses des taux d’intérêt pour lutter contre une inflation persistante.

Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne, a averti que les répercussions de l’instabilité au Moyen-Orient risquaient de déclencher une vague d’inflation qui ne s’est pas encore pleinement matérialisée. S’exprimant mardi lors d’une réunion organisée par Reuters, Lane a fait remarquer que, bien qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran visant à rouvrir le détroit d’Ormuz soit positif, les cours du pétrole n’étaient pas revenus à leurs niveaux d’avant le conflit.

L’effet domino sur les prix à la consommation

Le responsable a averti que plusieurs mois de flambée des coûts énergétiques ont créé un effet domino, susceptible de faire passer l’inflation au-delà du seuil de 3 pour cent.

Il prévoit que ces pressions finiront par se répercuter sur les prix des services, des biens de consommation et des denrées alimentaires tout au long de l’année en cours et de l’année suivante.

Projections

Cette perspective s’inscrit dans la lignée des récentes mesures prises par la BCE, qui a procédé à sa première hausse des taux d’intérêt depuis 2023. Lane et la présidente Christine Lagarde ont tous deux souligné que l’inflation, alimentée par les conflits géopolitiques, s’étend au-delà du secteur énergétique.

Par conséquent, les analystes de marché et les économistes anticipent de nouvelles hausses des taux, pouvant atteindre 2,5 pour cent, car les hausses de prix devraient rester nettement supérieures à l’objectif de 2 pour cent pendant une période prolongée.

Perturbations persistantes de l’approvisionnement énergétique 

D’autres dirigeants bancaires européens ont fait écho à ces préoccupations. Joachim Nagel, de la Bundesbank, a déclaré que la normalisation de l’approvisionnement en pétrole prendrait des mois, ce qui signifie que les dépenses énergétiques élevées continueront d’avoir un impact sur les coûts pour les consommateurs.

De même, José Luis Escrivá, de la Banque d’Espagne, a souligné que le rétablissement des capacités de production impliquerait que les perturbations dans l’approvisionnement énergétique risquaient de persister.

Prix du pétrole stables 

En ce qui concerne les valorisations du marché, Lane a observé que les cours du pétrole devraient rester stables, oscillant entre 80 et 81 dollars le baril. Il a décrit la courbe des prix à terme comme relativement plate pour les deux prochaines années, ce qui suggère que, si les prix ne reviendront pas aux niveaux bas d’avant la guerre, ils ne devraient pas non plus atteindre les pics extrêmes redoutés dans les scénarios économiques les plus pessimistes.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

()(fc)

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus