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Les prix du pétrole augmentent suite à l’escalade du conflit américano-iranien

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03/01/2020 | Dominique Dewitte | 6 min de lecture

(AP Photo/Mukhtar Khan)

Habituellement, en cas d’incidents géopolitiques majeurs, les marchés pétroliers réagissent de manière très émotionnelle. Ils ne font pas exception à la règle après l’attaque meurtrière ordonnée par Donald Trump sur le général Qassem Soleimani, à Bagdad. Le prix du pétrole brut a ainsi grimpé de plus de 4 % vendredi matin.

Certains trouveront cela assez frappant, vu que la production pétrolière iranienne n’est plus qu’une fraction de ce qu’elle était autrefois. Avec 2 millions de barils par jour, la République islamique est aujourd’hui responsable d’à peine 2 % de la production mondiale.

L’apogée de la production pétrolière iranienne se situe dans l’ère du Shah. C’était avant que l’Iran ne pompe 6 millions de barils de pétrole par jour, à l’époque où le pays était bien plus que l’ennemi juré de l’Arabie Saoudite. Aujourd’hui, ces rôles sont complètement inversés…

Le détroit d’Ormuz

Mais la panique qui se développe sur les marchés pétroliers n’a pas tant à voir avec l’utilisation de l’arme pétrolière iranienne, qui a cessé d’exister depuis longtemps. La véritable raison de cette hausse est la menace des Iraniens de couper l’approvisionnement en pétrole par le détroit d’Ormuz.

Il s’agit d’un passage important pour l’exportation du pétrole des pays du Golfe. À son point le plus étroit, le détroit d’Ormuz a une largeur de 34 milles (54 km). Chaque jour, 15,5 millions de barils de pétrole brut y transitent, ce qui représente 33 % des expéditions mondiales de pétrole par mer et 20 % des expéditions mondiales de pétrole tout court. Cela représente 15 pétroliers par jour, dans les deux sens.

L’Iran a menacé à plusieurs reprises de fermer ce détroit d’Ormuz, alors que les États-Unis et leurs alliés veulent à tout prix garder le passage ouvert… Si nécessaire, par la force, afin de garantir un trafic pétrolier ininterrompu. Ce pétrole provient principalement d’Iran, d’Irak, du Koweït et d’Arabie Saoudite.

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Si l’Iran réussit à fermer le détroit d’Ormuz, les conséquences pour le monde seront monumentales. Il existe bien des pipelines vers la mer Rouge et la mer Méditerranée. Mais ils sont loin d’avoir la capacité d’absorber pleinement les conséquences d’un blocus.

La question est de savoir si l’Iran osera jouer ce jeu aussi fermement. Car une autre puissance mondiale ne s’attend pas à une rupture de l’approvisionnement mondial en pétrole: la Chine. La semaine dernière, la Russie, la Chine et l’Iran ont participé à un exercice naval conjoint dans le golfe d’Oman.

Attaques de drones sur les champs pétrolifères

Il est également possible que les Iraniens fassent à nouveau sauter des installations de traitement du pétrole dans la région. L’attaque avec des drones sur les champs pétroliers saoudiens d’Abqaiq en septembre dernier n’a jamais été revendiquée par l’Iran. Pourtant, l’Occident est convaincu qu’elle était bien l’œuvre de Téhéran. Abqaiq est le plus grand complexe de traitement du pétrole au monde, situé dans la province saoudienne d’Ash Sharqiyah, dans le désert à environ 60 kilomètres au sud-ouest de l’agglomération de Dharaan-Dammam-Khobar.

La production de pétrole saoudien a été réduite de moitié au moment de cette attaque, alors la troisième en cinq mois contre l’infrastructure saoudienne. Le site touché pompe à lui seul 5,7 millions de barils de pétrole par jour, soit 5 % de la production mondiale.

Jusqu’alors, une attaque coordonnée sur le site avait toujours été considérée comme improbable. Mais malgré des mesures de surveillance et de protection extrêmement strictes, Abqaiq n’a pas pu résister à une attaque de drone. L’Iran a donc les moyens et la volonté de mettre le feu au Moyen-Orient.

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Source: BusinessAM


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