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Les gouvernements ont-ils un ‘plan B’ en cas d’échec des vaccins?

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Crise du coronavirus

29/07/2020 | Dominique Dewitte | 6 min de lecture

(AP Photo/Hans Pennink)

Le ministre espagnol de la Santé, Salvador Illa, a déclaré lors d’une conférence de presse mardi ‘qu’un ou plusieurs vaccins contre le nouveau coronavirus seraient disponibles au cours de la première partie de l’année prochaine’. L’Espagne fait partie du groupe de pilotage chargé de superviser les négociations avec les différents fournisseurs potentiels de vaccins. Ce dont Salvador Illa a eu vent à propos des progrès de la recherche est, dit-il, positif. ‘Nous pouvons le dire sur la base des informations dont nous disposons’, a-t-il précisé.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 25 candidats vaccins sont actuellement testés sur l’homme. Cinq d’entre eux sont en ‘phase 3’, c’est-à-dire qu’un essai clinique est mené sur plusieurs milliers de volontaires. Jusqu’à présent, aucun test de la ‘phase 2’ n’a révélé d’erreurs spectaculaires.

Les  gouvernements du monde entier versent des milliards de dollars aux entreprises pharmaceutiques qui développent un vaccin contre le nouveau coronavirus. Les CEO de ces entreprises et les politiciens plaident donc en faveur de la mise au point rapide d’un tel vaccin. Mais que se passera-t-il si cela s’avère être un échec? Les autorités ont-elles un plan B?

Les différents gouvernements élaborent des plans qui doivent nous permettre de traverser les six à douze prochains mois dans l’espoir qu’un vaccin voit le jour d’ici là. Mais si ce n’est pas le cas, les conséquences pour la reprise économique et l’éducation seront fatales.

‘Un vaccin qui fonctionne à 70% ne nous ramènera pas en 2019’

De nombreux scientifiques pensent qu’un vaccin qui fonctionne pour 70% de la population est un bon résultat. Cela permettrait déjà de réduire le taux d’infection de 50%. Cela aidera donc, mais sans pour autant nous ramener au monde de 2019.

‘Les vaccins contre le Covid-19 qui sont développés aujourd’hui ne sont pas garantis de fonctionner. Les personnes qui prétendent avoir un vaccin prêt avant la fin de l’année ne rendent certainement pas service au monde’, a récemment déclaré Kenneth Frazier, le CEO du géant pharmaceutique Merck.

‘Plus les politiciens feront de telles promesses, moins les gens seront prêts à faire ce qui est nécessaire pour contrer le virus, comme porter un masque. Laissez-moi être très clair: au cours des 25 dernières années, seuls sept nouveaux vaccins ont été introduits dans le monde. Merck en a développé quatre d’entre eux, le reste du monde, trois. Ma position est simple: si tout le monde n’est pas en sécurité, alors personne ne l’est.’

Il est temps d’avoir un solide ‘plan B’

Sur la chaîne d’information américaine NBC, Carl Bergstrom, biologiste à l’Université de Washington, a plaidé en faveur d’un plan de secours solide. Cela devrait permettre d’éviter les erreurs des six derniers mois: espérer le meilleur et établir des plans sur cette base. Il enjoint les gouvernements à se préparer à un ‘scénario cauchemardesque’, dans lequel il n’y aura pas de vaccin, ou à un scénario intermédiaire, dans lequel un vaccin n’aurait qu’une efficacité limitée.

Un tel ‘plan B’ comprend trois volets:

  1. Investir massivement dans le développement de technologies et d’infrastructures qui rendent les tests possibles et faciles. Carl Bergstrom cite l’exemple des tests de grossesse. Il faudrait mettre au point un test Covid-19 bon marché et facile d’utilisation que les gens pourraient faire eux-mêmes tous les jours à la maison.
  2. Des investissements majeurs sont nécessaires dans les thérapies qui atténuent les effets du Covid-19. Aujourd’hui, le monde médical dispose d’un médicament (la dexaméthasone) qui aide les patients gravement malades et souffrant de problèmes respiratoires, mais qui s’avère néfaste pour les autres. Nous avons donc besoin de médicaments antiviraux qui peuvent être utilisés immédiatement après l’apparition des symptômes.
  3. Dans presque tous les pays, la surcharge causée aux services de santé par le Covid-19 a entraîné de longues listes d’attente pour les autres pathologies, les examens médicaux et les traitements. Si le nouveau Coronavirus reste endémique, les gouvernements devront trouver des solutions afin d’assurer des soins de santé normaux à leurs citoyens.

Carl Bergstrom: ‘Peut-être que le vaccin miracle arrivera bel et bien et que tout cela n’aura pas eu d’intérêt. Mais si ce n’est pas le cas, le retour sur investissement des propositions ci-dessus sera énorme.’

Source: BusinessAM


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