Les élections américaines: 1.666 dollars par vote

(AP Photo/Manuel Balce Ceneta)

À 27 jours de l’élection, le Center for Responsive Politics, un organisme indépendant, estime que pas moins de 10,8 milliards de dollars seront investis cette année dans la bataille pour accéder à la Maison Blanche, au Congrès et au Sénat. C’est beaucoup plus que les 6,5 milliards de dollars dépensés par les candidats, les donateurs et les comités il y a quatre ans.

La plupart de ces dépenses seraient destinées à des ‘publicités négatives’ et à des ‘annonces vindicatives’ (attack add) dont le but est de dénoncer les défauts d’un des deux candidats.

Ils espèrent ainsi gagner la confiance des électeurs indécis. Mais cela a-t-il encore un sens ?

Non, car en ces temps d’hyper-polarisation, ces électeurs se font rares. Cette polarisation a commencé sous Bill Clinton, mais n’a fait que s’accentuer ces dernières années et a été portée à ébullition par le président Trump.

Oui, parce que même s’il reste moins d’électeurs à convaincre, il est impossible de les ignorer, et encore moins dans les swing states, qui votent tantôt républicains, tantôt démocrates.

Dans l’État de l’Iowa, les deux candidats au Sénat ont dépensé, ensemble, 150 millions de dollars pour tenter de convaincre 1,8 million d’électeurs inscrits, dont 95 % d’entre eux auraient déjà fait leur choix. Il reste donc 90.000 personnes à persuader, au prix de 1.666 dollars par vote. Une somme importante pour un petit groupe de personnes, mais si l’argent est là, pourquoi ne pas le dépenser?

Un changement d’orientation

Mais… on assiste, depuis ces 20 dernières années, à un changement qui n’est pas des moindres. Les républicains et les démocrates tentent à présent de convaincre tous les électeurs de voter.

Cette stratégie porte-t-elle ses fruits ? Cela n’a en tous les cas jamais été aussi clair qu’en 2016. Les supporters de Bernie Sanders n’aimaient pas Hillary Clinton, alors ils sont restés chez eux.  Et il se passe exactement la même chose cette année : l’accent est mis sur le vote en tant que tel, plutôt que sur une volonté de les faire changer de camp.

Bonus : une attack add, qui est devenue instantanément un classique et qui provient des Republican Voters Against Trump.

L’homme derrière cette publicité s’appelle Lindsey Graham, un sénateur républicain de Caroline du Sud, qui a été rabaissé et insulté par Trump pendant la campagne présidentielle de 2015, et qui s’est exprimé en tant que ‘Never Trumper’.