‘Les risques de propagation du virus dans un avion sont quasiment nuls’

EPA-EFE/Alex Plavevski

Les compagnies aériennes ont toujours dû convaincre leurs passagers qu’ils arriveraient à leur destination en toute sécurité. Aujourd’hui, elles doivent aussi les convaincre qu’elles resteront en bonne santé.

L’air froid qui circule dans les avions serait la meilleure garantie de ne pas attraper le virus. C’est, en tout cas, ce qu’affirme Jean-Brice Dumont, directeur de l’ingénierie chez Airbus, dans le Journal du Dimanche en France. Selon lui, les risques de propagation du virus dans un avion sont quasiment nuls.

Purification de l’air toutes les 2 à 3 minutes

30 % de l’air de la cabine est aspiré et remplacé par de l’air venant de l’extérieur. Les 70 % restant passent normalement dans un système de filtrage ultra performant avant d’être réinjecté dans la cabine, explique M. Dumont. Ce système est très bruyant, le personnel attend donc généralement la dernière minute pour le démarrer. Mais il permet de neutraliser les microbes, les virus et les odeurs.

Comment ça fonctionne? L’air est prélevé en dessous des pieds des passagers. Il passe ensuite par un filtre HEPA. C’est le même type de filtre qui est utilisé dans les hôpitaux. 99,9 % des particules de la taille d’un virus y sont interceptées. L’air purifié est ensuite réinjecté dans la cabine par le plafond. Et ce cycle recommence toutes les deux à trois minutes. De cette manière, il est pratiquement impossible qu’un virus se propage dans l’avion.

L’efficacité d’un masque ne fait plus aucun doute. Mais pour Jean-Brice Dumont, laisser un siège inoccupé entre chaque voyageur n’a aucun sens. Et c’est l’avis de plusieurs compagnies aérienne comme Ryanair.

Le mieux serait, selon lui, de nettoyer intégralement la cabine entre deux vols. Des produits de nettoyage et de désinfection plus efficaces doivent aussi être utilisés.

Des vols moins nombreux et plus chers

Même si les avions semblent déjà bien équipés pour la reprise, il va falloir des années avant que la situation revienne à la normale, a déclaré le CEO de Delta Air Lines, Ed Bastian, lors d’une interview avec des analystes. Tant qu’il n’y aura pas de vaccin, il sera difficile de convaincre les passagers de monter à bord d’un avion. Selon lui, dans un avenir proche, les vols seront moins nombreux et plus chers. Les passagers devront aussi se soumettre à un test médical avant d’embarquer. Il faudra peut-être aussi prouver son état de santé par des documents médicaux, comme, par exemple, une carte d’immunité.

Bastian fonde ses déclarations sur une enquête de l’association internationale d’aviation IATA. Elle montre que 40 % des personnes qui ont récemment pris l’avion attendront au moins 6 mois avant de voyager à nouveau par les airs. 70 % d’entre eux attendront que leurs finances reviennent à la normale.

Scott Hamilton, un consultant actif dans l’industrie aéronautique a la même vision de l’avenir. Il pense qu’il faudra entre 4 et 8 ans pour que le secteur atteigne à nouveau son niveau de 2019. Selon lui, un vaccin est essentiel. Une fois qu’il sera disponible, il faudra attendre qu’il se soit diffusé dans toute la population. Enfin, c’est tout le secteur du voyage qui va être remis en question. ‘La chambre d’hôtel a-t-elle été correctement nettoyée? L’Uber ou le taxi sont-ils désinfectés? Et qu’en est-il des restaurants?’

Les citoyens doivent se sentir en sécurité à chaque étape de leur voyage, sinon ils ne partiront pas. Et pour cela, il faudra beaucoup de temps. Aujourd’hui, une personne qui réserve un vol ne sait pas à quoi elle doit s’attendre.