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Les tests d’immunité: porte de sortie du confinement ou château de carte?

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Crise du coronavirus

08/04/2020 | Willem De Maeseneer | 9 min de lecture

AP Photo/Jens Meyer

Les tests d’immunité seraient l’arme ultime contre le lockdown. Ils pourraient déterminer qui peut sortir du confinement. Mais fonctionnent-ils? Et ces tests sont-ils déjà prêts?

Pour sortir de manière progressive du confinement, il est indispensable de tester, affirme l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De savoir qui est infecté, mais surtout, qui a développé des anticorps.

Depuis le début de l’épidémie, plusieurs recherches ont été menées en parallèle à travers le monde. C’est aux États-Unis que les premiers tests d’immunité ont eu lieu. Ces tests sont dits de type sérologique.

Comment ça marche? Quand une personne est contaminée par un virus, son système immunitaire garde en mémoire la maladie sous forme d’anticorps. Il pourra désormais se défendre. Généralement pour la vie.

Pour être tout à fait clair, ces tests sérologiques sont à distinguer des tests PCR. Ces derniers servent à déterminer une infection à l’instant T, via un prélèvement nasal. Ils ne servent donc à rien avant ou après les symptômes.

Vie normale

Les tests d’immunité suscitent un grand enthousiasme. Pour le célèbre microbiologiste Florian Krammer, ils peuvent nous aider à retrouver une vie normale, explique-t-il au New York Times.

En Belgique, le ministre De Backer (Open VLD), qui coordonne le groupe de travail consacré à la crise du coronavirus, veut lui aussi mettre en place ce type de tests.

Les tests sérologiques semblent donc être une étape cruciale vers le déconfinement. Nous allons faire un tour complet de la question.

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  • Pourquoi les tests d’immunité sont si importants?

Une grande partie des personnes infectées par le virus du SRAS-Cov-2 sont asymptomatiques. C’est-à-dire qu’elles ne présentent pas de symptômes ou des symptômes très légers. Comme il existe pour le moment une pénurie de tests PCR – le ministre De Backer promet 10.000 tests par jour depuis un certain temps – ceux-ci sont réservés aux patients et au personnel de santé.

Ces personnes sont à la fois une aubaine et un danger. Car selon toute logique, elles sont immunisés. Mais, porteuses de la maladie, elles peuvent la transmettre à des personnes plus fragiles en cas de déconfinement.

Ces tests permettraient aussi d’avoir une meilleure photographie de la situation globale. Qui a été contaminé? Dans quelle proportion? On pourrait ainsi déterminer précisément le taux de contagion et de mortalité. Des connaissances qui nous permettraient de prendre les bonnes décisions à l’avenir.

Les tests d’immunité, moins chers et plus faciles à produire, peuvent en principe répondre à ces questions cruciales. Ils pourraient permettre la reprise de la vie normale et le retour au travail. Car mettre l’économie mondiale sous perfusion a aussi ses limites, et peut tuer.

  • Comment ça fonctionne?

Lorsque votre corps est exposé au virus, le système immunitaire développe donc des anticorps. Ils peuvent rester dans l’organisme très longtemps, de quelques années à toute la vie en fonction de la maladie.

Les tests d’immunité détectent ces anticorps. Ils sont également connus sous le nom de tests sérologiques, c’est-à-dire à partir du sérum du patient: la partie liquide du sang qui ne contient pas de cellules et de facteurs de coagulation. C’est ce liquide qui renferme les anticorps. Ces tests sont a priori simples et ne nécessitent qu’un petit échantillon de sang, pris par exemple au bout du doigt. Ils faciliteraient bien des choses pour effectuer des tests de masse.

Les anticorps sont développés quelques jours après l’infection. Un test n’est donc un indicateur utile qu’après la période des symptômes, une fois la personne guérie.

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  • Quelles sont les limites?

Solution miracle? Ce n’est pas si simple. Car le covid-19 est une maladie nouvelle. Elle ne fait l’objet d’études que depuis 3 mois. Il reste donc de nombreuses ambiguïtés.

Par exemple, nous ne savons pas combien de temps dure l’immunité au covid-19. À ce titre, un test d’immunité n’est pas suffisant. Il faudrait un deuxième test pour voir si les anticorps combattent suffisamment le virus.

On ne sait pas non plus si les anticorps sont assez efficaces pour faire face à une exposition importante au virus. Par exemple, un patient qui tousse devant un médecin.

Le test d’immunité ne permet pas non plus de déterminer si une personne est contagieuse ou non. Un autre test PCR devra suivre. Après ce double test, on aurait une personne potentiellement immunisée sur le long terme et plus contagieuse.

Potentiellement? Oui, car des doutes persistent sur la précision des tests d’immunité. Le gouvernement britannique a dû admettre lundi que les 17,5 millions de kits de tests sérologiques dont il disposait étaient de mauvaise qualité. Comme pour les masques buccaux, la qualité n’est pas toujours garantie à des milliers de kilomètres du point de livraison.

Selon le virologue Marc Van Ranst, il en existe ‘des très bons et réputés’ sur le marché, expliquait-il récemment sur la VRT.

  • La Belgique va-t-elle lancer une campagne de tests d’immunité?

Le Royaume-Uni proposait des millions de tests assez simples à effectuer depuis chez soi. Mais ce plan a suscité de vives critiques de la part du monde médical. Car ce genre de tests devraient être supervisés par des professionnels de la santé. Pour être certains des résultats.

Aux États-Unis, plusieurs campagnes ont été lancées. Notamment en Californie sur 2.500 patients, dont 500 enfants.

En Italie, les premiers tests ont eu lieu avec des résultats mitigés quant aux résultats. Les citoyens immunisés ne sont pas majoritaires. Selon les premiers résultats, ils représentent 13 à 14% de l’échantillon analysé, 2.000 personnes issues de la commune de Robbio, dans le nord de l’Italie près de Milan.

En Belgique, nous n’avons pas encore la capacité de tester tout le monde, que ce soit au niveau des PCR ou des tests d’immunité. Dans le journal Le Soir, le ministre du Budget David Clarinval a expliqué que 40.000 à 50.000 tests de sérologie arriveraient d’ici quelques semaines.

Le groupe de travail se penche pour le moment sur la meilleure manière de les utiliser. Le but sera sans doute de cartographier la propagation du virus, pour envisager ensuite un déconfinement ciblé. Mais aussi de protéger un maximum le personnel médical. C’est le laboratoire de microbiologie clinique de l’UZ Leuven qui a été désigné pour contrôler la qualité de ces tests.

Source: BusinessAM


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