Le ‘Ryanair spatial’ a réussi à atteindre l’espace

John Klaus, pour Astra

Astra, une start-up spatiale américaine spécialisée dans le fret, a atteint pour la première fois la ligne Karman avec sa propre fusée. Il s’agit du point symbolique, situé à 100 kilomètres de la Terre, à partir duquel commence l’espace.

Parfois, on a l’impression que seuls les géants, comme SpaceX et Boeing, s’impliquent dans la conquête spatiale. Mais c’est totalement faux. La preuve avec Astra, une start-up américaine qui vient d’atteindre l’espace avec sa propre fusée.

C’est une étape importante pour l’entreprise, car cela signifie qu’elle va bientôt pouvoir commercialiser son projet. Le but d’Astra n’est pas de devenir un mastodonte ni d’envoyer des gens sur la Lune. Au contraire, on pourrait appeler la surnommer ‘le Ryanair de l’espace’. Son crédo est le fret, et plus particulièrement le petit fret.

Petit fret

Comme ses objectifs sont bien moins élevés que les ambitions martiales d’Elon Musk, Astra est beaucoup moins chère. Tout comme c’est le cas avec une compagnie aérienne low-cost, vous devez vous attendre à un service basique. Ainsi, Astra ne peut pas gérer plus d’une centaine de kilos à la fois. Pas de première classe, dirons-nous.

Mais de toute façon, ce n’est pas nécessaire. Pour ceux qui n’ont pas de projets de colonisation extra-terrestre, les satellites constituent un marché de croissance majeur dans le domaine spatial. Et c’est exactement ce que vise Astra. Avec le succès du lancement de sa Fusée 3.2, la société a fait un pas dans la bonne direction.

Set, launch

Rocket 3.2 – c’est le nom de la fusée d’essai – a décollé ce mardi 15 décembre d’une base d’essai à Kodiak, en Alaska. Quelques minutes plus tard, elle a franchi la ligne de Karman, la frontière entre l’atmosphère et l’espace.

C’est le deuxième vol d’essai d’Astra en quelques mois. En septembre, Rocket 3.1 avait pris son envol, mais cela n’avait pas fonctionné comme prévu. Un troisième vol est en préparation.

L’équipe a obtenu des résultats bien meilleurs qu’espérés: une très grande partie des préparatifs est maintenant prête pour le lancement d’un satellite en orbite terrestre. Cependant, lors de ce deuxième vol, la vitesse maximale prévue était de 7,2 kilomètres par seconde, alors qu’elle aurait dû être de 7,7 km/s. Il reste donc encore quelques réflexions sur le carburant à utiliser pour les fusées d’Astra.

Flexibilité et petite équipe

Selon le PDG et fondateur d’Astra Chris Kemp, ce lancement constitue un succès inespéré et une véritable percée pour l’entreprise. Astra n’a que 4 ans et compte 100 employés. L’entreprise s’est montrée très flexible, ce qui a également contribué à la réduction des coûts.

Par exemple, une partie de l’équipe de lancement a été testée positive au Covid-19 alors qu’elle était déjà en route pour l’Alaska, quelques jours avant le décollage de la fusée. Comme l’équipe n’était composée que de cinq personnes et qu’il ne faut que quelques jours pour la mise en place du lancement, une autre équipe a pu être envoyée rapidement, sans que l’opération prenne trop de retard.

Kemp espère trouver le bon mélange de combustibles dans les mois à venir. Au début de l’année prochaine, Astra veut devenir active sur le plan commercial. Pour cela, il n’y aura plus besoin d’effectuer de grande modification matérielle. De simples petits ajustements suffiront. Dans quelques mois, Astra pourra définitivement prendre son envol et réaliser un vrai chiffre d’affaires.