Le Starliner de Boeing décolle vers l’espace et doit déjà revenir après un problème

Le vaisseau spatial réutilisable CST-100 Starliner de Boeing a été lancé avec succès ce vendredi, lors de son premier vol d’essai sans équipage vers la Station spatiale internationale… Mais il n’est pas sur la bonne orbite et va donc être ramné sur Terre.

À 12h36 ce vendredi (6h36, heure du Cap Canaveral), le vaisseau Starliner de Boeing a été lancé pour sa première mission vers la Station spatiale internationale. ‘Décollage! L’essor du Starliner et une nouvelle ère de vols spatiaux habités’, a déclaré un porte-parole de Boeing lors de la retransmission en direct sur le web.

Cet essai doit en effet servir de répétition générale pour les prochaines missions Starliner avec équipage, dont les lancements commenceront très probablement en 2020.

Le véhicule a été lancé avec un poids de 270 kilos de fret à bord, y compris des cadeaux de Noël pour les astronautes de la mission Expedition 61, du matériel de test sur le rayonnement et un mannequin d’essai anthropométrique. Mais les astronautes ne verront peut-être pas leurs cadeaux arriver à temps.

Un retour prématuré

Si la fusée a décollé sans problème, elle devait ensuite effectuer une ‘combustion d’insertion orbitale’, qui orienterait l’engin spatial sur la bonne trajectoire vers l’ISS, ce qui ne s’est pas produit. Comme le rapporte Belga, les moteurs de la capsule ne se sont pas allumés comme prévu, et cette dernière n’a donc pas pu se placer sur la bonne trajectoire pour rattraper l’ISS, qui vole en orbite terrestre à 400 km d’altitude environ.

Ayant manqué la fenêtre et consommé trop de carburant en tentant de corriger la position automatiquement, Starliner va donc être ramenée prématurément pour atterrir d’ici 48 heures au Nouveau-Mexique, dans l’ouest des Etats-Unis, a annoncé un dirigeant de Boeing lors d’une conférence de presse au centre spatial Kennedy, trois heures après le lancement.

Le Starliner devait s’amarrer à la Station vers la fin de semaine, imitant ainsi la trajectoire de vol qu’il empruntera lors de sa première mission avec équipage. Mission qui devrait être prête ‘dans la première partie’ de l’année prochaine, selon l’administrateur de la NASA, Jim Bridenstine. Confiant, il n’écarte toutefois pas que ce calendrier soit maintenu. Il en a profité pour déclarer que malgré ‘des défis évidents’, tout cela était ‘très positif en général’.

Une réputation très entachée

‘L’appareil est en bon état et sous contrôle, l’expérience sera utile, et aucun astronaute n’aurait potentiellement été mis en danger’, a-t-il avancé. Essayant sans doute de rattraper les dégâts qui vont sérieusement entacher la réputation de Boeing… et décevoir la fierté nationale américaine. Pour sa part, le vice-président pour l’espace de Boeing Jim Chilton a avoué que son entreprise ne comprend pas encore la cause initiale de cet échec. Quant à la Nasa, le patron a déclaré sa confiance en Boeing, englué dans la crise de son avion vedette 737 MAX. ‘Les gens qui mettent au point le vaisseau spatial sont différents de ceux qui font les avions’, a-t-il assuré.

Nicole Mann, l’une des trois astronautes prévus pour la première mission habitée, a affirmé que ‘nous aurions pu déclencher cette poussée manuellement’ et a toujours hâte de voler à bord de Starliner. Reste encore à voir si SpaceX, du milliardaire Elon Musk, ne coiffera pas Boeing au poteau et ne l’enfoncera pas un peu plus. Sa capsule Crew Dragon, qui a déjà effectué son propre vol d’essai sans équipage plus tôt cette année, doit encore passer un test avant de s’envoler. Cette mission est prévue pour le 11 janvier au plus tôt.

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