Le Royaume-Uni autorise le vaccin d’AstraZeneca et va complétement larguer l’Union européenne

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, un flacon du vaccin d’AstraZeneca/Oxford à la main – Isopix

Le vaccin conçu par l’université d’Oxford et du groupe pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca a reçu sa toute première autorisation mondiale. Sans surprise, elle vient du Royaume-Uni. La cadence des vaccinations va en ressortir fameusement accélérée.

‘Le gouvernement a aujourd’hui accepté la recommandation de l’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) d’autoriser l’utilisation du vaccin Covid-19 de l’Université d’Oxford/AstraZeneca’, a annoncé ce mercredi matin un porte-parole du ministère britannique de la Santé. ‘Cela fait suite à des essais cliniques rigoureux et à une analyse approfondie des données par les experts de la MHRA, qui a conclu que le vaccin a satisfait à ses normes strictes de sécurité, de qualité et d’efficacité.’

Il s’agit de la toute première autorisation officielle reçue par le vaccin d’AstraZeneca. Le Royaume-Uni, qui a approuvé le vaccin Pfizer début décembre, octroie quant à lui sa deuxième approbation du mois.

Le vaccin qui pourrait tout changer

  • Fonctionnement

Les vaccins de Pfizer et de Moderna utilisent l’ARN messager comme plateforme pour fournir les instructions génétiques nécessaires à la fabrication de la protéine de pointe du SRAS-CoV-2 – ou la partie du virus qui lui permet de pénétrer dans les cellules humaine – entraînant essentiellement notre système immunitaire à combattre l’envahisseur quand il arrive.

Celui d’AstraZeneca fonctionne différemment. Il se base sur l’ADN, et cet ADN est délivré aux cellules à l’aide d’un autre virus appelé adénovirus. Une théorie déjà adoptée pour de précédents vaccins.

  • Dosage

Le vaccin d’AstraZeneca aurait également pu se différencier par son dosage. En effet, les premières études avaient montré qu’il était plus efficace de recevoir une demi-dose puis une dose complète (90% des patients n’avaient pas souffert de symptômes) plutôt que de se voir administrer deux doses complètes (62% des patients n’avaient pas souffert de symptômes).

Finalement, l’autorité sanitaire britannique a décidé que le vaccin serait administré en deux doses complètes. Il n’y avait pas assez de données claires pour approuver l’idée d’une demi-dose et d’une dose complète, indique la BBC.

  • Mode de conservation

Une particularité remarquable du vaccin d’AstraZeneca est sa facilité de conservation. Il peut rester dans un réfrigérateur normal – aux températures comprises entre 2 et 8 degrés Celcius – pendant au moins six mois et être déplacé à de nombreuses reprises.

A l’inverse, le vaccin de Pfizer doit être conservé à des températures ultra-froides de -70 degrés Celsius ou moins et ne peut être déplacé que quatre fois avant d’être utilisé. Une fois décongelé, il ne peut rester que maximum 5 jours dans un réfigérateur classique. Le vaccin de Moderna fait mieux, mais pas aussi bien que celui d’AstraZeneca. Il nécessite un stockage à long terme à -20 degrés Celsius et est stable pendant 30 jours aux températures d’un réfrigérateur normal.

  • Prix

Enfin, AstraZeneca s’est engagé à vendre son vaccin au prix coûtant. Conséquence: pour l’Union européenne – qui doit encore l’approuver – il ne coûtera que 1,78€ la dose. Celui de Pfizer coûte, lui, 12 euros la dose. Il s’agit en tout cas des chiffres communiqués mi-décembre par le cabinet de la secrétaire d’État au Budget, Eva De Bleeker (Open VLD).

La vaccination va s’accélérer

En débutant sa campagne de vaccination avec le vaccin de Pfizer près de trois semaines avant l’Union européenne, le Royaume-Uni avait déjà pris une sérieuse avance. Dimanche dernier, près de 617.000 Britanniques avaient déjà été vaccinés contre le Covid-19, ce qui faisait une moyenne de plus de 200.000 vaccinations hebdomadaires.

A titre de comparaison, la France, qui compte une population similaire à celle du Royaume-Uni, n’a pour l’instant vacciné qu’une centaine de personnes en trois jours. L’Allemagne est quant à elle partie sur une base de 100.000 vaccinations par semaine. En Belgique, l’objectif est pour le moment de 250.000 par mois dès février.

Avec l’approbation du vaccin d’AstraZeneca, le Royaume-Uni va complétement larguer l’Union européenne. La distribution débutera dès lundi prochain: 4 millions de doses sont déjà prêtes à être expédiées, sur un total de précommandes s’élevant à 100 millions de doses.

Pour aller encore plus vite, le gouvernement britannique a décrété le report de l’administration de la deuxième dose, tant pour le vaccin de Pfizer que pour le vaccin d’AstraZeneca. Celle-ci pourra être administrée jusqu’à 12 semaines après la première injection. Résultats espérés par les autorités: 2 millions de Britanniques vaccinés pour la mi-janvier.

Mardi, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé qu’elle ne pourrait vraisemblablement pas autoriser le vaccin d’AstraZeneca avant février, indiquant qu’elle manquait de données et que la firme n’avait même pas encore déposé de demande d’approbation.

L’Union européenne se montre donc beaucoup plus prudente que le Royaume-Uni, qui file vers une vaccination éclair de sa population.