Le rêve spatial européen est en péril après l’échec du lancement de la fusée Vega-C

La capacité de l’Europe à mettre des charges utiles en orbite a subi un sérieux coup après l’échec du lancement d’une fusée Vega-C dans la nuit de mercredi à jeudi.

Pourquoi est-ce important ?

Bien que l'Europe ait un programme spatial ambitieux, les capacités de lancement sont limitées. C'est pourquoi l'Agence spatiale européenne (ESA) développe actuellement un certain nombre de nouvelles fusées.

L’essentiel : tous les vols futurs avec le Vega-C ont été reportés pour le moment, afin d’enquêter sur les causes de l’échec du dernier lancement.

  • Dans la nuit de mercredi à jeudi, vers 2 h 47, heure belge, la fusée a été lancée vers l’espace depuis le Port spatial européen de Kourou, en Guyane française. Mais quelques minutes seulement après le lancement, le deuxième étage de la fusée s’est brisé, après quoi celle-ci a été perdue.
  • À bord se trouvaient deux satellites d’observation de la Terre construits par Airbus. La charge utile n’a pas été placée en orbite et a été détruite avec la fusée.
  • La fusée s’est écrasée dans les eaux internationales de l’océan Atlantique, a indiqué le lanceur Arianespace lors d’une conférence de presse mercredi.
  • Si le lancement n’avait pas échoué, cela aurait été la première mission commerciale pour un Vega-C. D’ailleurs, la fusée n’avait volé qu’une seule fois avant cette tentative, lors de la mise en orbite d’un satellite italien le 13 juillet 2022.

Peu d’options

Et maintenant : la suspension des prochains vols du Vega-C signifie que l’Europe n’a plus beaucoup d’options pour envoyer des charges utiles dans l’espace.

  • La fusée Ariane 6, qui succède à l’actuel vaisseau amiral de l’ESA, est retardée depuis des années. À l’origine, la fusée devait être lancée en 2020, mais le premier vol a été reporté à plusieurs reprises.
  • De plus, l’option de lancement russe n’existe plus, depuis que la Russie a envahi l’Ukraine. Un certain nombre de missions qui devaient être effectuées avec des fusées russes Soyouz ont déjà été reportées dans l’intervalle.
  • L’ESA n’a plus que deux options : Ariane 5, une bête de somme qui a fait ses preuves depuis des décennies, et le prédécesseur du Vega-C, le Vega.

À noter : l’ASE a subi un certain nombre de revers au cours des derniers mois.

  • Sur les neuf derniers lancements utilisant une fusée Vega ou Vega-C, trois ont échoué.
  • À noter également : la société italienne Avio, spécialisée dans l’espace et l’aérospatiale, a été impliquée dans les trois lancements. Mercredi, le cours de l’action d’Avio a chuté d’environ 10 %.

RVW

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