Le nombre de décès quotidiens dans les maisons de repos est maintenant deux fois supérieur à celui des hôpitaux

Au coeur d’une maison de repos dans le namurois. (Denis Closon / Isopix)

Bien que les chiffres annoncés pendant le week-end sont souvent plus positifs qu’en semaine, le nombre de décès en maison de retraite reste anormalement haut.

Les chiffres des 24 dernières heures:

  • 265 nouvelles hospitalisations ont été enregistrées, tandis que 409 personnes sont sorties.
  • En tout, 4.871 patients sont toujours hospitalisés dont 1081 aux soins intensifs.
  • 230 nouveaux décès ont été rapportés. 76 ont eu lieu dans le réseau hospitalier et 154 dans les maisons de repos.
  • Au total, ce sont 5.683 personnes qui sont décédées du coronavirus depuis le début de l’épidémie. 49% de ces morts ont eu lieu dans les hôpitaux et 51% dans les maisons de repos.
  • 1.313 nouveaux cas ont été testés positifs, portant le total à 23.496 cas de coronavirus en Belgique.

Analyse

Si les chiffres semblent un peu plus positifs aujourd’hui que ces derniers jours, rappelons tout de même qu’il s’agit peut-être là d’un effet week-end. Les chiffres y sont souvent moins élevés qu’en semaine.

Le nombre total de décès est plus important en maison de repos que dans les hôpitaux. Ce samedi, il y a avait même deux fois plus de décès dans les maisons de repos et résidentiels que dans les hôpitaux.

Notons néanmoins que les décès dans les maisons de repos n’ont pas été testés et sont donc des cas suspects. Mais la mortalité en Belgique depuis le 15 mars dernier tend à montrer qu’il n’y a pas vraiment de surestimation, plutôt une sousestimations chez nos voisins.

Le statisticien Nicolas Vandewalle propose d’ailleurs maintenant des graphiques qui mettent en avant la différence entre l’épidémie dans la population et celle dans les maisons de repos. Elles n’ont pas la même évolution.

On peut remarquer que le taux de contagion de la maladie (2e graphique) était bien plus élevé dans les maisons de retraite que dans la population au début de l’épidémie. Et ça a duré comme cela pendant plus d’un mois. Aujourd’hui, la maladie semble se propager beaucoup moins dans ces centres de soins. On peut alors espérer que le nombre de décès suive la même tendance dans les prochains jours, comme ce fut le cas dans le reste de la population.

Tests toujours insuffisants

Sont évoqués pour expliquer ce déficit de tests: des critères toujours trop réduits pour déterminer qui peut bénéficier de ces tests. Mais aussi un capital humain insuffisant. Les 10.000 tests sont disponibles, mais derrière, il faut du personnel pour les analyser, communiquer les résultats, faire le suivi, ce qui n’est actuellement pas possible.

Le souci, c’est que le politique comme le monde scientifique ne communiquent pas vraiment sur ce problème, ce qui crée beaucoup de confusion et d’agacements.