La pénurie mondiale d’engrais s’aggrave encore : les prix ont augmenté de 300% depuis le début de l’année

Une crise mondiale des engrais menace d’affamer une planète, qui l’est déjà considérablement, alertent les Nations unies.

L’ONU lance l’alerte: le secteur des engrais est en crise. Plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, entre autres, sont actuellement aux prises avec des prix galopants: ils ont augmenté de 300% depuis le début de la guerre en Ukraine. En conséquence, de nombreux agriculteurs n’ont plus les moyens d’acheter d’engrais.

« Nous commençons vraiment à crier sur tous les toits qu’il y a une crise des engrais. Et c’est énorme », a confirmé à Politico un fonctionnaire anonyme de l’ONU.

Selon la Banque africaine de développement, le continent est confronté à une pénurie d’au moins 2 millions de tonnes d’engrais, en raison des prix élevés du marché. Cela signifie que moins de denrées alimentaires produites localement sont disponibles, à un moment où la région en a le plus besoin. De plus, à cause de la guerre en Ukraine et des conditions climatiques extrêmes, le continent a moins de nourriture à importer.

« Si le manque à gagner n’est pas comblé rapidement, la production alimentaire en Afrique diminuera d’au moins 20% », estime la Banque africaine de développement.

Processus à forte intensité énergétique

Les engrais sont principalement fabriqués à partir de l’un de ces trois ingrédients : l’azote, le phosphore ou le potassium. Le produit final est ensuite épandu sur les champs pour fournir aux cultures les nutriments qui manquent ou sont rares dans le sol.

La production d’engrais est un processus à forte intensité énergétique, notamment pour les engrais azotés, dont le gaz naturel est un composant essentiel. Cela signifie que leurs prix tendent à suivre le rythme (infernal) de ceux de l’énergie. Selon les experts, cela pourrait également poser des problèmes aux agriculteurs européens à l’avenir.

Les prix étaient déjà élevés avant la guerre en Ukraine

Les prix des engrais étaient déjà élevés avant que la Russie n’envahisse l’Ukraine. Cependant, la guerre a exacerbé le problème, la Russie tenant un rôle majeur sur le marché mondial. Elle est le premier pays exportateur d’engrais azotés, le deuxième fournisseur de potassium et le troisième d’engrais phosphorés.

La Russie a notamment restreint ses exportations d’engrais, arguant qu’elle veut protéger ses propres agriculteurs. Toutefois, dans le même temps, des pays comme le Brésil et l’Inde reçoivent de plus en plus d’engrais russes.

Le Brésil accueille les engrais russes à bras ouverts

Le Brésil possède la plus grande économie d’Amérique latine et est l’un des principaux producteurs et exportateurs de soja dans le monde. Le pays a besoin d’énormément d’engrais. Les agriculteurs brésiliens achètent pas moins de 85% de leurs engrais sur le marché mondial, et leur utilisation a augmenté de 30% depuis 2017.

Lors d’un appel téléphonique, Vladimir Poutine aurait proposé au Brésil un approvisionnement régulier en engrais et en diesel. Jair Bolsonaro a laissé entendre qu’il étudiait les possibilités d’en acheter encore à la Russie. Le président brésilien a également déclaré que son pays ne se conformera pas aux sanctions internationales contre Moscou.

(OD)

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