Jugée dangereuse, la cigarette électronique doit être mieux règlementée pour l’OMS

Avec des goûts tels que chocolat, marshmallow ou encore fraise, les cigarettes électroniques ciblent avant tout les enfants et les adolescents, selon l’OMS.

Dans son nouveau rapport sur l’état de progrès de la lutte contre le tabagisme, l’Organisation mondiale de la Santé met à nouveau en garde contre les inhalateurs électroniques de nicotine. Présentée comme une alternative plus saine aux produits traditionnels à base de tabac voire un moyen pour arrêter de fumer, la cigarette électronique n’en reste pas moins dangereuse, souligne l’OMS, qui prône pour une réglementation plus poussée.

L’organisation demande en effet « aux gouvernements de mettre en œuvre des règlements visant à empêcher les non-fumeurs de commencer à [les] utiliser [les cigarettes électroniques], de contrer une nouvelle banalisation du tabagisme au sein de la population et de protéger les générations futures ».

Les inhalateurs électroniques non réglementés dans 84 pays

À l’heure actuelle, plus de la moitié des pays du globe ont adopté au moins une mesure pour interdire partiellement (79) ou totalement (32) l’utilisation ou la promotion des cigarettes électroniques. Ce qui signifie qu’il y a encore 84 pays dans lesquels aucune forme de règlementation n’encadre les inhalateurs électroniques de nicotine.

« Ces produits sont extrêmement diversifiés et évoluent rapidement. Certains peuvent être modifiés par le consommateur, de sorte que la concentration de nicotine et les niveaux de risque sont difficiles à réguler. D’autres sont commercialisés sous l’étiquette « sans nicotine », mais, après analyse, il apparait souvent qu’ils contiennent l’élément addictif », souligne le Dr Rüdiger Krech, directeur du département Promotion de la santé de l’OMS. « Il peut être quasiment impossible de distinguer les produits contenant de la nicotine des autres, voire de certains produits contenant du tabac. Ce n’est qu’un des stratagèmes mis en place par l’industrie pour contourner et saper les mesures de lutte antitabac ». D’où l’importance d’une réglementation encadrant les inhalateurs électroniques de nicotine.

Les enfants et adolescents dans le viseur des industriels

Avec la chute des ventes des e-cigarettes, l’industrie du tabac tente de se réinventer. C’est notamment le cas de Philip Morris, PDG de Philip Morris International, propriétaire de Marlboro, qui souhaite désormais réaliser plus de 50% de ses revenus avec des produits sans fumée d’ici 2025. Il a également demandé au gouvernement britannique d’interdire la cigarette d’ici dix ans. Un véritable retournement de veste.

Les autres industriels misent sur les cigarettes électroniques pour toucher de nouveaux clients, notamment chez les jeunes. C’est d’ailleurs pourquoi il existe autant de goûts différents et attrayants. Selon l’OMS, les industries ont recours à des arguments fallacieux pour vendre leurs produits, sans pour autant indiquer combien ils sont dangereux.

« Tandis que les ventes de cigarettes ont chuté, les cigarettiers ont lancé la commercialisation agressive de nouveaux produits – comme les cigarettes électroniques et les produits du tabac chauffés – et ils ont fait pression sur les gouvernements pour qu’ils en limitent la règlementation. Leur objectif est simple : rendre une nouvelle génération dépendante à la nicotine. Nous ne pouvons accepter que cela se produise », a indiqué le milliardaire Michael R. Bloomberg, ambassadeur mondial de l’OMS chargé des maladies non transmissibles et des traumatismes.

C’est pourquoi une réglementation est nécessaire dans chaque pays, afin que les plus jeunes ne soient pas influencés et se mettent à la cigarette électronique, véritable tremplin vers le tabagisme.

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