Bruxelles aux prises avec une grave crise de pauvreté


Principaux renseignements

  • Un quart de la population bruxelloise est exposée au risque de pauvreté, un chiffre bien supérieur à celui des autres régions belges.
  • La dépendance vis-à-vis de l’aide sociale augmente fortement à Bruxelles, une situation qui pourrait s’aggraver avec les réductions des prestations proposées.
  • L’insalubrité des logements entraîne des conditions de vie malsaines et accentue les inégalités en matière de santé parmi les habitants de Bruxelles.

Bruxelles est confrontée à une grave crise de pauvreté, comme le montrent les chiffres de l’enquête « 2025 Wellbeing Survey » menée par l’Observatoire de la santé et du bien-être de l’OMS. En 2025, un quart de la population de la ville était exposé au risque de pauvreté, un chiffre nettement supérieur à celui de la Flandre (7 pour cent) et de la Wallonie (13 pour cent). De plus, six des dix communes les plus pauvres de Belgique se trouvaient à Bruxelles.

La dépendance vis-à-vis de l’aide sociale

Le nombre de bénéficiaires d’allocations à Bruxelles a dépassé celui de la Flandre, malgré une population bien moins importante. Cette tendance se poursuit, avec une augmentation de 3 pour cent en 2002 pour atteindre près de 7 pour cent en 2025. Les mesures d’austérité proposées concernant les allocations de chômage pourraient aggraver cette situation, ce qui pourrait entraîner une dépendance encore plus grande à l’aide sociale.

Les frais de logement constituent une charge considérable pour les habitants de Bruxelles et absorbent plus de 20 pour cent du revenu disponible. Pour les 20 pour cent les plus pauvres, ce pourcentage dépasse 50 pour cent, ce qui leur laisse moins de 10 euros par jour pour subvenir à leurs besoins essentiels tels que l’alimentation, les transports et les soins de santé. La demande de logements sociaux dépasse largement l’offre : en janvier 2025, plus de 55 000 familles figuraient sur les listes d’attente, ce qui représente une augmentation spectaculaire par rapport aux années précédentes.

Cette crise du logement contribue à des conditions de vie malsaines pour près d’un quart des habitants de Bruxelles, et un tiers de la population est confronté à la surpopulation. Les conséquences vont au-delà des besoins fondamentaux et ont un impact profond sur la santé. L’espérance de vie varie de près de cinq ans entre les communes les plus riches et les plus pauvres. Les maladies chroniques telles que le diabète sont trois fois plus fréquentes dans la tranche de revenus la plus basse que dans la plus élevée.

La pauvreté extrême aggravée par d’autres facteurs

L’extrême pauvreté est encore aggravée par des facteurs tels qu’une importante population sans papiers (plus de 50 000 personnes, soit 4 pour cent de la population totale) et la hausse du nombre de sans-abri. Ce dernier a connu une augmentation de 25 pour cent en seulement deux ans, Bruss’Help ayant recensé près de 10 000 sans-abri en 2024.

La santé mentale reste également une préoccupation urgente, puisque près de 20 pour cent des Bruxellois présentent des symptômes d’anxiété ou de dépression à la suite de la pandémie de Covid-19. Les enfants sont particulièrement vulnérables : un sur trois vit dans une famille exposée au risque de basculer dans la pauvreté. Cela compromet leurs chances de réussite scolaire et accentue les inégalités existantes. Les résultats scolaires varient considérablement d’un quartier à l’autre ainsi, les élèves de Saint-Josse-ten-Node accusent un retard de deux ans ou plus par rapport à leurs camarades de Woluwe-Saint-Pierre. (fc)

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