La réforme prévue des cours d’éducation religieuse et philosophique à l’école ne pourra pas être mise en œuvre pour l’instant, suite à un avis rendu par le Conseil d’État. C’est ce qu’a déclaré la ministre flamande de l’Éducation, Zuhal Demir (N-VA), devant la commission de l’Éducation.
Principaux renseignements
- La ministre flamande de l’Éducation, Zuhal Demir (N-VA), avait prévu des réformes visant à réduire le nombre d’heures consacrées aux cours d’éducation morale et philosophique afin de réaliser des économies.
- Le Conseil d’État a rendu un avis défavorable sur ces projets.
- La ministre Demir se dit mécontente et doit trouver un autre moyen de réaliser des économies.
Le Conseil d’État a rendu un avis sans équivoque. Selon cette institution, la réforme du gouvernement flamand va trop loin dans sa forme actuelle.
Réforme
La réforme prévoyait que, dès la prochaine année scolaire, les écoles pourraient regrouper les heures de cours de philosophie de vie dispensées toutes les deux semaines en blocs plus importants. Cela pourrait se faire, par exemple, toutes les deux semaines ou tous les mois. Les écoles pourraient également collaborer plus facilement, échanger des heures et travailler à distance.
Le gouvernement flamand souhaitait ainsi mettre fin à la fragmentation des heures de cours et réaliser des économies. Celles-ci étaient initialement estimées à 100 millions d’euros par an. Ce montant a ensuite été ramené à 80,5 millions d’euros.
Flexibilité
Selon Demir, le Conseil d’État estime que la flexibilité organisationnelle que le gouvernement souhaitait instaurer par le biais du décret va trop loin. Le Conseil établit à cet égard un lien entre cette flexibilité et le contenu du cours de religion. L’instance se réfère également à la Constitution et à la Convention européenne des droits de l’homme. « C’est vraiment un avis très complet, dont il ressort clairement pour moi que cela n’est même pas possible », a déclaré la ministre.
Demir estime qu’il serait déraisonnable d’imposer un nouveau cadre aux écoles sur la base de cet avis. Elle communiquera cette décision vendredi au gouvernement flamand. Selon la ministre, les décideurs politiques doivent d’abord modifier la Constitution avant que d’autres interventions ne soient possibles.
Réaction de Stephanie D’Hose (Anders)
L’annonce surprenante de Demir fait suite à une question de la députée flamande Stephanie D’Hose (Anders). Elle a demandé à la ministre si elle comptait approfondir la possibilité d’une dérogation dans l’enseignement philosophique. Seul un nombre négligeable d’élèves en fait usage, a-t-elle fait remarquer, en raison de l’absence de cadre réglementaire. Demir a répondu que ce dossier était lié à la réforme générale des cours de philosophie de vie. Celle-ci serait donc bloquée par un avis du Conseil d’État.
Dans sa réplique, D’Hose a constaté avec étonnement que les mesures d’économie ne pouvaient donc plus non plus être maintenues. « On se demande quelle politique il est encore possible de mener avec de tels avis », a-t-elle déclaré. Elle s’est en outre demandé si la liberté d’enseignement ne se transformait pas ainsi en « absence de liberté ». Elle a également fait référence au débat sur la suppression du Sénat.
« C’est incroyable le chaos que cela engendre dans le secteur de l’enseignement. Les directeurs se creusaient la tête depuis des mois pour mettre en place la réforme dans les écoles et voilà que le ministre vient nous annoncer sans sourciller que tout cela est annulé », ajoute D’Hose à Belga.
À la recherche de nouvelles économies après l’avis
La grande question est désormais : « Et maintenant ? » L’objectif de toute cette réforme était de réaliser 100 millions d’économies. Le ministre doit désormais trouver cet argent ailleurs.
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