Principaux renseignements
- Jeudi dernier, la commission de l’Éducation a tenu une audition concernant la réforme proposée de l’aide aux études par la ministre flamande de l’Éducation, Zuhal Demir.
- Des étudiants venus de différentes villes ont assisté à l’audition en silence. Ces dernières semaines, ils ont également organisé des manifestations silencieuses à travers toute la Flandre.
- Lors de l’audition, les universités flamandes ont demandé le report des réformes, au moins jusqu’à la prochaine année universitaire.
Ce jeudi, une audition de la commission de l’Éducation sur la réforme des bourses d’études dans l’enseignement supérieur s’est tenue au Parlement flamand à Bruxelles. Cette réforme très controversée a été présentée par la ministre flamande de l’Éducation, Zuhal Demir (N-VA). La semaine dernière et durant derniers mois, plusieurs manifestations étudiantes ont déjà eu lieu pour s’y opposer.
Comment consiste cette réforme ?
Avec cette réforme des bourses d’études, le gouvernement flamand espère économiser environ 33,8 millions d’euros dans le domaine de l’enseignement. Selon la proposition de Mme Demir, les étudiants doivent valider 54 des 60 crédits et ne pas avoir plus de trente ans pour pouvoir prétendre à une bourse. Cette mesure s’ajoute à la règle stricte qui oblige les étudiants à valider tous les cours de la première année en deux ans. Cela rendait déjà plus difficile la poursuite des études pour les étudiants salariés qui s’écartent du parcours type.
Protestation silencieuse
Plusieurs étudiants venus de différentes grandes villes ont assisté à l’audition. Il est à noter que le ministre Demir n’était pas encore présent au début de l’audition. Ces derniers mois, des étudiants ont déjà mené des actions dans différentes villes. À la résidence étudiante Therminal de Gand, des banderoles aux slogans percutants sont accrochées aux fenêtres et aux murs, mais les étudiants révisent ensemble en silence.
73 562 étudiants flamands bénéficient actuellement d’une bourse d’études ; un tiers d’entre eux risque de la perdre en raison de la réforme. Pour ceux qui sont issus de milieux défavorisés, il deviendra difficile de concilier études et petits boulots pour financer leurs études.
Les étudiants trouvent un écho favorable
Le Conseil interuniversitaire flamand (VLIR), un organe de concertation indépendant financé par les universités flamandes, a également indiqué lors de l’audition que le dispositif allait au-delà de son utilité, car les étudiants bénéficiant d’une bourse n’obtiennent pas de moins bons résultats que les étudiants ordinaires. Plus tôt cette semaine, les directeurs d’écoles secondaires ont aussi appelé la ministre à ralentir la mise en œuvre de sa politique afin de ne pas compromettre davantage la qualité de l’enseignement à tous les niveaux.
Il existe des exceptions à cette mesure, comme pour les étudiants ayant le statut d’aidant familial, mais selon le VLIR, celles-ci ne garantissent pas la cohérence nécessaire. Les différentes universités peuvent accorder ces exceptions selon des conditions variables. Cela pourrait entraîner de grandes inégalités entre les villes. C’est ce qu’a déclaré Ilse De Bourdeaudhuij, chercheuse au VLIR, devant le Parlement flamand. Les universités demandent au moins un report jusqu’à l’année universitaire 2027-2028. Elles craignent qu’une mise en œuvre dès la prochaine année universitaire entraîne des erreurs.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

