Principaux renseignements
- Gazprom a renoué avec la rentabilité en augmentant considérablement les prix du gaz pour les ménages russes.
- Ces hausses de prix font peser un lourd fardeau sur les consommateurs russes, qui financent en réalité la survie de Gazprom.
- La perte d’infrastructures et d’actifs européens due à la guerre en Ukraine entrave de manière permanente la capacité de Gazprom à retrouver sa position antérieure sur le marché.
Gazprom, le géant gazier russe, a réussi à renouer avec la rentabilité au premier trimestre 2026. C’est ce que rapporte le Moscow Times. Ce redressement intervient après les pertes importantes subies en 2024 en raison de la baisse des ventes internationales. Le Kremlin a orchestré cette reprise en imposant de fortes hausses des prix du gaz domestique pour les ménages russes.
Les hausses de prix pèsent sur les consommateurs
Ces hausses de prix, qui ont atteint en moyenne 14,85 pour cent l’année dernière, constituent la plus forte augmentation depuis 2014 et devraient se poursuivre jusqu’en 2028, alourdissant encore le fardeau des consommateurs russes. Alors que le bénéfice net de Gazprom, selon les normes internationales, a atteint 1 300 milliards de roubles (13,6 milliards d’euros) l’année précédente, son flux de trésorerie disponible a considérablement diminué.
Les analystes soulignent que les activités de Gazprom sont pour l’essentiel au point mort. Malgré l’augmentation des exportations de gaz vers la Chine, ces ventes s’effectuent avec une remise considérable par rapport aux anciens prix pratiqués en Europe. Avec la perte du marché européen lucratif et le marché chinois ne parvenant pas à compenser pleinement cette perte, la Russie a eu recours à une hausse des prix intérieurs pour soutenir Gazprom.
Les citoyens russes financent la survie de Gazprom
Selon les analystes, cette pratique devrait perdurer pendant des années, rendant de fait les citoyens russes responsables du financement de la survie de Gazprom, qui se trouve dans une position d’isolement sur la scène mondiale.
L’Allemagne a récemment lancé la privatisation de Sefe, un service public anciennement détenu par Gazprom et saisi à la suite de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Cette mesure diluera la participation du gouvernement allemand par le biais d’une augmentation de capital. Cette transition prive effectivement Gazprom d’actifs cruciaux de stockage et de distribution en Europe, éliminant toute possibilité de regagner son ancienne part de marché. Gazprom dépend désormais presque entièrement des frais d’« indexation » payés par les citoyens russes pour maintenir sa solvabilité.
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