Une pénurie d’engrais menace la sécurité alimentaire mondiale, avertissent les experts


Principaux renseignements

  • Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement en engrais menacent la sécurité alimentaire mondiale, pouvant entraîner la perte de milliards de repas chaque semaine.
  • L’impact du conflit touche de manière disproportionnée les pays les plus pauvres, qui pourraient être confrontés à des pénuries alimentaires et à une surenchère pour l’accès aux ressources.
  • La hausse des coûts des engrais aggrave la charge financière des agriculteurs tout en compromettant potentiellement la sécurité alimentaire dans les pays en développement.

La sécurité alimentaire mondiale est menacée par les perturbations des chaînes d’approvisionnement en engrais causées par le conflit en cours. Svein Tore Holsether, PDG de Yara, un grand fabricant d’engrais, met en garde, dans une interview accordée à la BBC, contre le fait que cette situation pourrait entraîner, à l’échelle mondiale, une perte pouvant atteindre dix milliards de repas par semaine.

Impact sur la production d’engrais

L’impact du conflit sur le transport maritime via le détroit d’Ormuz a considérablement réduit la production d’engrais azotés, entraînant dans certains cas une baisse potentielle des rendements agricoles pouvant atteindre 50 pour cent.

Holsether souligne l’effet disproportionné sur les pays les plus pauvres, qui pourraient se retrouver confrontés à une guerre d’enchères pour l’alimentation face aux pays plus riches.

Considérations éthiques

Il exhorte les pays européens à prendre en compte les implications éthiques d’un tel scénario et son potentiel à aggraver la faim et la pénurie alimentaire chez les populations vulnérables. Bien que le Royaume-Uni ne soit pas susceptible de connaître de pénuries alimentaires, les consommateurs peuvent s’attendre à une hausse des prix des denrées alimentaires dans les mois à venir en raison de l’augmentation des coûts de production.

Les prix des engrais ont bondi de 80 pour cent depuis le début du conflit, alourdissant la charge financière des agriculteurs qui sont déjà confrontés à la hausse des coûts énergétiques et à d’autres dépenses liées aux intrants. Holsether souligne le décalage entre ces coûts croissants et les prix relativement stagnants que les agriculteurs obtiennent pour leurs produits. Il met en garde contre un scénario où la sécurité alimentaire de l’Europe serait privilégiée au détriment des pays en développement. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Plus