La Chine réforme ses diplômes universitaires pour lutter contre le chômage des jeunes


Principaux renseignements

  • La Chine réforme ses diplômes universitaires afin d’aligner l’enseignement sur des objectifs économiques axés sur l’IA.
  • Les filières techniques remplacent désormais les programmes obsolètes en sciences humaines et en arts afin de lutter contre le chômage des jeunes.
  • Les diplômés se tournent vers des postes stables dans la fonction publique malgré l’acquisition de nouvelles compétences interdisciplinaires.

L’enseignement supérieur chinois connaît actuellement une transformation en profondeur afin de s’aligner sur les objectifs économiques stratégiques du gouvernement et de lutter contre la montée en flèche du chômage des jeunes. L’objectif central du 15ᵉ plan quinquennal (2026-2030) est d’intégrer l’intelligence artificielle dans tous les secteurs de l’économie réelle. En conséquence, le ministère de l’Éducation fait état d’une refonte en profondeur de l’offre académique. Entre 2021 et 2025, plus de 12 000 cursus de premier cycle obsolètes ont été supprimés ou suspendus, tandis qu’environ 10 000 nouveaux diplômes ont été créés. Le Monde rapporte ça.

Une crise sur le marché de l’emploi

Ce recentrage académique est une réponse à un marché de l’emploi précaire, où le chômage des 16-24 ans reste élevé malgré l’ajustement des méthodes statistiques. Le nombre annuel de diplômés atteignant des sommets historiques, dépassant les 12 millions, la concurrence pour les postes de débutants s’est intensifiée. De nombreux postes traditionnels, notamment dans la finance et l’administration, sont automatisés par des outils d’IA capables de générer des projections de risques et des rapports financiers, ce qui laisse les jeunes diplômés dans une situation de vulnérabilité.

L’orientation vers les compétences techniques

Pour survivre, les universités s’éloignent des sciences humaines, des arts créatifs et de la gestion pour se tourner vers des domaines techniques tels que la robotique, la technologie des semi-conducteurs et les drones agricoles.

Par exemple, l’Université de communication de Chine a supprimé de nombreux programmes dans les domaines de la mode, de la photographie et de la traduction, arguant que les diplômes traditionnels en langues constituent un gaspillage de ressources nationales compte tenu de l’efficacité de la traduction par IA. D’autres établissements, tels que Renmin et Tongji, lancent des masters interdisciplinaires alliant droit, informatique et finance afin de former des experts polyvalents « de haut niveau » pour l’ère numérique.

Adaptation interdisciplinaire en linguistique

Même les départements de langues s’adaptent en fusionnant avec les sciences exactes. À l’université des langues et de la culture de Pékin, les études françaises sont désormais intégrées à une formation scientifique, allant au-delà de la littérature pour inclure le discours technique.

Les enseignants s’attachent à former les étudiants à la maîtrise des outils de traduction par IA et à la réalisation d’analyses de haut niveau afin d’accélérer leur évolution professionnelle.

Incertitude persistante

Malgré ces adaptations, un sentiment d’instabilité persiste chez les étudiants. Certains doctorants dans des domaines tels que la psychologie apprennent des langages de programmation comme Python pour rester compétitifs, mais beaucoup considèrent encore le secteur privé comme trop instable. Cette incertitude a entraîné une forte augmentation du nombre de candidats aux postes de la fonction publique, avec un nombre record de diplômés recherchant la stabilité d’un emploi dans la fonction publique plutôt que de s’exposer au paysage imprévisible d’une économie axée sur l’IA.

(mv)

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