Le médicament anticancéreux Keytruda génère des bénéfices considérables pour la société pharmaceutique néerlandaise MSD


Principaux renseignements

  • Le médicament anticancéreux Keytruda de MSD génère près de 32 milliards de dollars par an. Cela s’explique par son efficacité contre divers cancers, mais aussi par le prix élevé que MSD a fixé pour ce médicament.
  • Grâce à l’avantage fiscal lié au régime néerlandais « innovation box », MSD peut réduire encore davantage ses coûts.
  • Le coût toujours élevé du médicament empêche les patients des pays à faibles revenus de bénéficier de traitements vitaux.

Keytruda, le médicament anticancéreux du laboratoire pharmaceutique néerlandais MSD, a généré près de 32 milliards de dollars (27 milliards d’euros) de chiffre d’affaires l’année dernière. L’efficacité de Keytruda est l’une des principales raisons de ce succès. Le prix élevé du médicament et le fait que MSD paie le moins d’impôts possible contribuent à ces bénéfices colossaux.

Accessibilité

En raison de son prix élevé, le Keytruda n’est disponible que de manière limitée pour les patients des pays les plus pauvres. MSD se dit fière de la valeur que le Keytruda apporte aux patients et à leurs familles, mais son prix élevé fait également l’objet de critiques. Aux États-Unis, un traitement coûte environ 200 000 dollars (169 440 euros) par an. Le prix varie d’un pays à l’autre et, en raison d’accords de remise confidentiels, il n’est pratiquement connu nulle part. Aux Pays-Bas, le prix de vente conseillé est de 100.000 euros.

MSD affirme mener une politique de prix responsable et tenir compte de la valeur du médicament, des systèmes de remboursement dans différents pays et de la capacité financière des pouvoirs publics. On s’attend toutefois à ce que le prix demandé aux États-Unis pour le Keytruda baisse fortement après 2028, lorsque le brevet arrivera à expiration.

Avantage fiscal

Afin de réduire au minimum sa charge fiscale, MSD recourt au régime néerlandais « innovation box », un dispositif offrant des avantages fiscaux aux entreprises qui investissent dans la recherche et le développement. Le Keytruda a été initialement développé chez Organon, à Oss. Grâce à ce dispositif, MSD a économisé près d’un milliard d’euros d’impôts aux Pays-Bas l’année dernière.

Revenus maximisés

Les prix élevés, la faible pression fiscale et la prolongation du brevet ne sont pas les seuls moyens utilisés par MSD pour maximiser les revenus générés par Keytruda. L’entreprise a également modifié la posologie, ce qui a permis d’augmenter les ventes du médicament. Malgré les protestations des médecins, MSD a continué à s’en tenir à une posologie standard, supérieure à celle calculée en fonction du poids corporel.

D’autres évolutions rendent également l’utilisation de Keytruda plus sélective : une utilisation moins fréquente en traitement d’entretien et des durées de traitement plus courtes. De plus, MSD a lancé une nouvelle version de Keytruda, Keytruda Qlex, qui peut être administrée par injection. Cela offre plus de commodité aux patients et aux hôpitaux. Les détracteurs estiment que MSD a délibérément attendu pour lancer cette variante injectable. (fc)

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