Principaux renseignements
- Mārtiņš Kazāks, gouverneur de la Banque centrale de Lettonie et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, ne voit aucune pression immédiate pour relever les taux d’intérêt par rapport à leur niveau actuel de 2 pour cent.
- Malgré l’incertitude géopolitique, les anticipations d’inflation restent sous contrôle en Europe.
- La BCE maintient une attitude d’attente vigilante et conserve la flexibilité nécessaire pour agir de manière décisive si besoin.
Un haut responsable de la Banque centrale européenne (BCE) estime qu’il n’y a pas de pression immédiate pour relever les taux d’intérêt. Kazāks a déclaré que les données économiques actuelles ne justifiaient pas une hausse immédiate des taux par rapport au niveau actuel de 2 pour cent.
L’inflation sous contrôle
Malgré l’incertitude géopolitique persistante liée au conflit au Moyen-Orient, Kazāks a souligné, lors d’un entretien avec le Financial Times, que les prévisions d’inflation étaient sous contrôle. Il a noté l’impact limité de la hausse des prix de l’énergie sur l’économie dans son ensemble et a souligné la baisse des prix du pétrole par rapport à leur pic atteint après la guerre en Iran. Les prix du gaz en Europe restent nettement inférieurs à ceux de 2022, ce qui apaise encore davantage les inquiétudes.
Kazāks a souligné l’approche mesurée de la BCE, mettant en avant sa capacité à recueillir davantage d’informations avant de prendre une décision. Il a attribué cette flexibilité aux mesures décisives prises en 2022 pour faire face à la précédente flambée de l’inflation en Europe. Tout en soulignant que la BCE est prête à agir si nécessaire, Kazāks a réitéré sa position actuelle d’attente vigilante.
Attentes du marché
Les anticipations du marché tablent actuellement sur deux hausses de taux d’un quart de point d’ici la fin de l’année, pour atteindre un taux de référence de 2,5 pour cent. Cependant, la probabilité d’une hausse immédiate des taux le 30 avril est jugée faible, les traders n’accordant qu’une probabilité de 15 pour cent à un tel événement. Des prévisions antérieures suggéraient jusqu’à trois hausses d’un quart de point d’ici la fin de l’année.
Il a souligné la capacité de la BCE à maintenir une position neutre sur les taux d’intérêt, ni stimulant ni freinant la croissance économique. Kazāks a mis en avant les solides antécédents de la banque centrale, soulignant qu’elle avait atteint l’objectif d’inflation de 2 pour cent pendant environ un an. Selon lui, cela renforce la crédibilité de la BCE et lui permet d’adopter une approche prudente tout en surveillant l’évolution de la situation.
Des hausses rapides des taux d’intérêt lors de la précédente crise énergétique
Tout en prônant une réponse mesurée, Kazāks a souligné que la BCE avait démontré sa capacité à agir de manière décisive en 2022. Il a rappelé la série rapide de dix hausses de taux d’intérêt entre juillet 2022 et septembre 2023, qui a effectivement fait passer les taux de -0,5 pour cent à 4 pour cent.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a fait écho à ce sentiment cette semaine, minimisant la probabilité d’une hausse des taux ce mois-ci. Elle a souligné la nécessité de disposer d’informations supplémentaires concernant la durée et l’ampleur de l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’économie mondiale avant de prendre toute décision concrète en matière de politique monétaire. (fc)
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