Pour Jeremy Grantham la saignée de Wall Street est loin d’être terminée: une chute de 25% en vue

Jeremy Grantham s’attend à ce que le S&P 500, indice phare de Wall Street, tombe jusque 3.000 points, sur une perte de plus d’un quart de sa valeur. L’investisseur « éternellement pessimiste » a également placé des paris contre le Nasdaq et des obligations à haut rendement.

Alors que le S&P 500, après une légère rechute depuis la mi-août, remonte la pente ces derniers jours, Jeremy Grantham, légende du monde de l’investissement et cofondateur de la société GMO, vient jouer les trouble-fêtes. Pour lui, le S&P 500 devrait chuter de plus de 25%, jusqu’à environ 3.000 points (niveau plus atteint depuis juin 2020), sur l’année à venir. A partir de là, il pourrait glisser « décemment plus bas » encore.

Par rapport au pic historique que l’indice a atteint en décembre 2021, la chute serait de pas moins de 38%. Lors de son fond atteint à la mi-juin, le S&P 500 affichait un niveau de plus de 3.600 points.

Un moment dangereux

« C’est un moment plus dangereux pour l’économie mondiale que la folie de la bulle immobilière de 2007 », explique-t-il, lors d’un forum organisé par Reuters. Ce moment dangereux se caractériserait par des actifs hautement surévalués et leur implosion, par l’inflation, ainsi que par des risques pour le marché mondial de l’immobilier. Depuis le début de l’année, il avertit d’ailleurs du risque d’explosion d’une « super-bulle« .

D’autres douleurs seraient donc en vue, dans les mois à venir. « La détérioration des fondamentaux sur une base mondiale semble absolument choquante », analyse-t-il déjà.

Inflation

Pour l’expert, l’inflation resterait « persistante », surtout à cause de perturbations économiques provoquées par le réchauffement climatique, à cause de réserves limitées en matières premières et à cause d’une main-d’œuvre qui ne va qu’aller diminuant. Les actions continueront à subir à cause de cette inflation. Or, sur ce constat d’inflation, tous les observateurs ne sont pas d’accord avec lui. Pour certains, l’inflation aurait dépassé un pic et devrait dorénavant baisser.

Mais toujours est-il que pour Grantham, cette inflation amènera son lot de problèmes. Les banques centrales vont vouloir lutter contre elle, en resserrant les politiques monétaires, mais des taux d’intérêt plus élevés peuvent plomber les ventes de l’immobilier, entre autres.

Mises placées

Les actes suivent les paroles chez Jeremy Grantham. Avec ses estimations pessimistes pour le marché (ou trop pessimistes, comme le trouvent ses critiques, qui vont jusqu’à l’appeler un perma bear, ou quelqu’un qui s’attend tout le temps à une chute des marchés), l’investisseur parie également sur ces baisses, afin d’en tirer profit.

Il explique au Times qu’il a placé une partie du portefeuille de sa fondation dans des paris contre le Nasdaq, l’indice de la bourse du même nom, qui reprend principalement des valeurs technologiques. Par la même occasion, il parie également contre les obligations à haut rendement. Ce taux est élevé à cause du risque : il s’agit d’obligations qui ont de mauvaises notations.

Pour le cours de l’indice technologique, en chute de 23% depuis le début de l’année, il n’a pas donné d’estimation.

Plus
Marchés
Ma liste de suivi
Marchés
BEL20