Principaux renseignements
- La production d’Optimus est confrontée à des problèmes de fabrication sans précédent en raison de l’absence de chaînes d’approvisionnement existantes.
- Des lacunes techniques en matière de dextérité et de conditionnement des puces empêchent un déploiement rapide à grande échelle.
- Les pressions financières et des résultats décevants compliquent les projets ambitieux de Tesla dans le domaine des robots humanoïdes.
Lors d’une récente conférence téléphonique sur les résultats du deuxième trimestre, Elon Musk a averti les investisseurs que l’augmentation de la production du robot humanoïde Optimus constituerait le plus grand défi technique de production de l’histoire de Tesla. Il a expliqué que le projet ne disposait pas d’une chaîne d’approvisionnement établie, puisque pratiquement chaque composant est une nouvelle invention.
Afin de tempérer les attentes, Musk a déclaré que la production finirait par augmenter, mais que la phase initiale risquait de stagner plus longtemps que prévu. Cette prudence transparaît également dans la dernière présentation destinée aux actionnaires de Tesla, dans laquelle les références à la production de masse du robot ont été supprimées. C’est ce que rapporte Business Insider.
Évolution des prévisions
Les perspectives actuelles contrastent fortement avec les prévisions antérieures, plus ambitieuses, de Musk. Il avait précédemment déclaré qu’il serait surpris si Tesla ne produisait pas 100 000 robots par mois d’ici cinq ans. Il avait également prévu un volume de production considérable en 2026. Il a toutefois admis par la suite que les robots Gen 3 actuellement installés dans les usines du Texas et de Fremont se contentaient de collecter des données à des fins d’apprentissage, plutôt que d’effectuer un véritable travail.
Obstacles techniques et logistiques
Les défis techniques restent de taille. La main humaine, en particulier, constitue un obstacle majeur. Selon Musk, aucune entreprise spécialisée dans la robotique n’a jusqu’à présent réussi à la reproduire intégralement. Pour pouvoir être utilisé en dehors d’une usine, Optimus doit disposer d’une dextérité similaire à celle d’un humain.
De plus, Tesla rencontre des difficultés en matière de logique, de mémoire et de conditionnement des puces, ce qui l’oblige à s’appuyer sur des partenaires tels que TSMC et Samsung. Avec environ 10 000 composants distincts, Tesla est contrainte de construire sa propre infrastructure de production à partir de zéro, contrairement à ses concurrents chinois qui peuvent s’appuyer sur les fournisseurs existants de composants pour téléphones mobiles.
Pression financière
Ces difficultés opérationnelles coïncident avec une période financière précaire. Bien que le chiffre d’affaires de Tesla au deuxième trimestre ait augmenté de 26 pour cent pour atteindre 28 milliards de dollars (24 milliards d’euros), son bénéfice par action ajusté n’a été que de 33 cents, en deçà des 51 cents prévus par les analystes.
De plus, d’énormes dépenses d’investissement trimestrielles de 6 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros) ont contribué à un flux de trésorerie disponible négatif de 1 milliard de dollars (879 millions d’euros).
La rémunération de Musk accentue la pression
Ces retards accentuent également le décalage entre les motivations personnelles de Musk et la réalité du projet. Une partie de sa rémunération dépend en effet du déploiement d’un million de robots d’ici dix ans. Tesla a entre-temps adapté plusieurs chaînes de montage à Fremont et construit une usine spécialisée près de son site au Texas. L’entreprise ne communique toutefois plus de calendrier concret pour la production de masse.
Même si le directeur de Tesla Chine considère l’usine de Shanghai comme un atout essentiel pour le développement d’Optimus, la production de robots n’y a pas encore commencé. (lv)
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