Principaux renseignements
- La Corée du Sud offrira un accès gratuit à l’IA à l’ensemble de ses 51 millions de citoyens d’ici la fin de l’année.
- Des investissements massifs dans les semi-conducteurs et des modèles souverains garantissent l’avenir économique du pays.
- Une nouvelle législation établit le premier cadre juridique complet au monde pour la gouvernance de l’IA.
La Corée du Sud lance une initiative nationale sans précédent visant à offrir à l’ensemble de sa population, soit 51 millions d’habitants, un accès illimité et gratuit aux chatbots d’IA nationaux et aux assistants de service public d’ici la fin de l’année.
L’IA pour tous
Présentée par le président Lee Jae Myung lors du Sommet sur l’IA de San Francisco, cette stratégie « L’IA pour tous » vise à positionner la Corée du Sud comme un leader mondial de l’IA, juste derrière les États-Unis et la Chine.
Cette vision repose sur trois objectifs fondamentaux : conserver un rôle essentiel dans la chaîne d’approvisionnement mondiale grâce à sa position dominante dans le domaine des puces mémoire, servir de banc d’essai pour l’adoption rapide des technologies d’IA et veiller à ce que les avantages de l’IA soient largement répartis.
Investissements dans les infrastructures et l’industrie
Cette politique industrielle ambitieuse va au-delà du simple accès aux logiciels. Elle implique des investissements massifs dans des centres de données de plusieurs gigawatts et dans des modèles d’IA souverains développés par des consortiums nationaux. De plus, cette stratégie est soutenue par un partenariat quinquennal d’environ 824 milliards d’euros entre des entreprises américaines et coréennes du secteur des semi-conducteurs.
En développant ses propres modèles et infrastructures, Séoul espère assurer son avenir économique et sa sécurité nationale, à l’image de la priorité accordée par les gouvernements précédents aux industries automobile et navale.
Gouvernance de l’IA
Au-delà des infrastructures, la Corée du Sud est à la pointe mondiale en matière de gouvernance de l’IA. Avec la mise en œuvre complète de la loi-cadre sur l’IA en janvier 2026, elle est devenue le premier pays à appliquer un cadre juridique complet en matière d’IA. Cette législation établit une gestion stricte des risques pour les secteurs à fort impact — tels que la santé et les opérations nucléaires — et impose des obligations de sécurité pour les systèmes de calcul haute performance.
Cela place la Corée du Sud en avance sur l’Union européenne, qui a reporté certaines obligations, et sur les États-Unis, qui ne disposent pas d’une loi horizontale centralisée sur l’IA.
Gestion des risques et de la sécurité
L’Institut coréen pour la sécurité de l’intelligence artificielle (AISI) joue un rôle central dans l’aspect sécurité de ce déploiement. Cet organisme gère un large éventail de risques, y compris les menaces CBRN (chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires), et assure la coordination avec un vaste réseau de partenaires universitaires et industriels. Alors que le budget 2027 augmente considérablement les dépenses consacrées à l’IA pour les porter à 6,3 milliards de dollars, des débats sont en cours pour savoir si le financement spécifique alloué aux technologies de sécurité est suffisant pour répondre à l’ampleur de l’ambition « L’IA pour tous ».
Leadership mondial
Pour consolider davantage son leadership, la Corée du Sud pourrait créer un pôle de recherche spécialisé axé sur l’alignement de l’IA et les bouleversements économiques. S’appuyant sur son expérience en matière d’organisation de sommets internationaux et sur ses pôles universitaires existants à Séoul, un tel centre viendrait compléter sa future présidence du G20 en 2028.
En combinant des financements du secteur privé avec le soutien d’incubateurs et d’ONG basés aux États-Unis, la Corée peut garantir que son déploiement technologique rapide s’accompagne de normes de sécurité de niveau mondial.
Un plan d’action pour une société de l’IA équitable
En fin de compte, la Corée du Sud se lance dans une expérience audacieuse en matière de politique publique. En offrant un accès universel à l’IA, le gouvernement estime pouvoir empêcher la concentration du pouvoir et garantir que la technologie donne du pouvoir aux citoyens plutôt que de les évincer.
Cette approche, soutenue par une industrie du matériel informatique solide et des liens diplomatiques étroits avec les États-Unis, vise à créer un plan directeur pour une société axée sur l’IA qui soit à la fois innovante et équitable. (fc)
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