Principaux renseignements
- La demande mondiale de pétrole recule pour la première fois depuis 2020.
- La Chine a considérablement réduit ses achats et accéléré l’adoption des véhicules électriques afin de réduire ses coûts.
- Les tensions géopolitiques dans le golfe Persique continuent de perturber des voies maritimes cruciales.
Pour la première fois depuis le pic de la pandémie en 2020, l’Agence internationale de l’énergie fait état d’une tendance à la baisse de la demande mondiale de pétrole. Selon l’agence, cette baisse devrait atteindre environ 1 million de barils par jour en 2026. Ce recul est attribué à une combinaison de hausse des coûts et de perturbations logistiques dans les chaînes d’approvisionnement, bien que ces facteurs aient touché les différentes régions à des degrés divers. C’est ce que rapporte l’AP.
Tensions géopolitiques dans le golfe Persique
L’un des principaux facteurs à l’origine de ces perturbations a été le conflit entre les États-Unis et l’Iran, qui a de fait paralysé les livraisons de pétrole dans le golfe Persique pendant plus de trois mois.
Le détroit d’Ormuz restant un point de transit crucial, l’instabilité persistante rend improbable un retour aux normes opérationnelles antérieures. Jim Burkhard, de S&P Global Energy, note que l’incertitude actuelle autour du détroit d’Ormuz est encore plus marquée qu’au début des hostilités.
Évolution du marché chinois
Sur le plan géographique, la baisse est particulièrement marquée en Asie. En mai, la demande quotidienne mondiale a chuté de 5,3 millions de barils par rapport à l’année précédente, la Chine enregistrant la baisse la plus importante : une diminution de 9 pour cent, soit 1,5 million de barils par jour. Afin de modérer les prix élevés observés au printemps, la Chine a réduit ses achats sur le marché de près de 6 millions de barils par jour et a préféré puiser dans ses énormes réserves nationales.
Daniel Sternoff, de l’université de Columbia, souligne que la Chine a également suspendu l’augmentation de ses réserves stratégiques de pétrole. Par ailleurs, le pays a accéléré la transition vers les véhicules électriques, ce qui a entraîné une forte baisse de la demande en diesel et en essence traditionnels.
Produits raffinés
Malgré les nouvelles tensions entre les États-Unis et l’Iran, les prix du pétrole ont moins augmenté que prévu. Grâce à un cessez-le-feu temporaire en juin, certains pétroliers ont pu quitter le détroit d’Ormuz, ce qui a accru l’offre sur le marché. De plus, le marché a largement intégré dans ses prix le conflit de « zone grise » entre les deux nations.
L’absence de hausse des prix s’explique également par un manque d’acheteurs ; bien que l’offre de pétrole brut ait augmenté, la demande est restée faible en raison des restrictions chinoises et des dégâts subis par les raffineries en Russie et au Moyen-Orient. Ces dégâts ont été causés par des attaques de drones et par la guerre. De ce fait, les produits raffinés tels que le diesel et l’essence sont restés chers, tandis que les prix du pétrole brut se sont stabilisés.
Consommation américaine
Contrairement aux tendances mondiales, les États-Unis ont enregistré une hausse de la consommation d’essence au cours du deuxième trimestre 2026. Cette hausse s’est produite malgré une augmentation des coûts du carburant de plus de 50 pour cent depuis le début de la guerre.
Selon les experts, cette résilience s’explique par le retour d’un plus grand nombre d’Américains au bureau et par le fait que les dépenses en carburant représentent une part moins importante du revenu total pour de nombreux ménages. Par conséquent, si les automobilistes aux revenus élevés peuvent se plaindre des prix, leurs habitudes de conduite sont restées globalement inchangées. (lv)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

