L’UE souhaite s’attaquer au modèle économique des passeurs en instaurant de nouvelles sanctions


Principaux renseignements

  • L’UE s’attaque aux organisations criminelles en gelant leurs avoirs et en imposant des interdictions de voyage.
  • Ce dispositif permet de lutter contre la contrebande d’armes, le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.
  • Ces sanctions ont pour but d’exercer une pression financière sur les réseaux qui exploitent les migrants vulnérables.

L’Union européenne souhaite intensifier la lutte contre la traite et le trafic d’êtres humains en s’attaquant aux ressources financières et à la liberté de mouvement des organisations criminelles. Un nouveau cadre de sanctions, présenté par la Commission européenne et la commissaire aux Affaires étrangères Kaja Kallas, vise à démanteler ces activités illégales en gelant les avoirs des personnes et organisations impliquées et en leur interdisant de voyager au sein de l’UE. C’est ce qu’indique la Commission européenne dans un communiqué de presse.

La présidente Ursula von der Leyen a souligné que l’objectif premier est de mettre ces réseaux en faillite afin de protéger les personnes vulnérables en quête d’un avenir plus sûr.

Élargissement du champ d’application

La proposition ne porte pas uniquement sur les infractions liées à l’immigration, mais aussi sur un ensemble plus large de formes de criminalité organisée. Les mesures proposées viseraient également les opérations systémiques impliquant la contrebande d’armes, le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.

Kaja Kallas a souligné que ces entreprises criminelles mettent en péril la stabilité démocratique et la sécurité des citoyens ; par conséquent, les sanctions sont spécifiquement conçues pour perturber la logistique transfrontalière, rendant ainsi ces activités nettement plus périlleuses et moins lucratives.

Gel des avoirs

Selon le cadre proposé, les personnes figurant sur la liste des sanctions n’auraient plus accès à des ressources financières ou économiques. Elles ne seraient par ailleurs plus autorisées à entrer sur le territoire de l’UE ni à y transiter. Ces restrictions seraient mises en œuvre selon une approche synchronisée et feraient l’objet d’évaluations périodiques.

Nouvelle étape dans la stratégie en matière de migration

Cette initiative marque une nouvelle phase dans la stratégie de l’UE de lutte contre la migration irrégulière. Bien que le nombre d’arrivées illégales ait diminué de plus de moitié au cours des deux dernières années, le commissaire européen chargé de la migration, Magnus Brunner, a souligné la nécessité de lutter contre l’exploitation et les décès de migrants sur les itinéraires dangereux.

Cette proposition concrétise l’engagement pris par Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union de 2025 de mettre en place un outil spécifique pour neutraliser les passeurs. Le plan doit désormais être approuvé à l’unanimité par le Conseil de l’UE avant de pouvoir entrer en vigueur. (lv)

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