Les fonds d’investissement gagnent du terrain face aux dépôts bancaires auprès des Européens


Principaux renseignements

  • Les Européens privilégient de plus en plus les fonds d’investissement par rapport aux dépôts bancaires traditionnels.
  • Cette évolution vers des actifs à rendement plus élevé s’inscrit dans la droite ligne des objectifs de l’UE visant à créer un marché des capitaux unifié.
  • L’augmentation des dépenses de consommation pourrait stimuler le PIB régional jusqu’à 2 pour cent.

Selon les économistes d’ING, on observe une évolution durable dans la manière dont les citoyens européens gèrent leur épargne, avec une préférence croissante pour les fonds d’investissement par rapport aux dépôts bancaires traditionnels. Alors que les habitants de la zone euro épargnent toujours nettement plus que leurs homologues américains, les analystes Marieke Blom et Amrita Naik Nimbalkar notent qu’un changement de comportement financier est devenu manifeste depuis 2024.

Tendances en matière d’épargne

Actuellement, cette forte propension à l’épargne freine la croissance économique régionale. Cependant, la transition vers des instruments d’investissement pourrait créer les conditions propices à une augmentation de la demande intérieure et des dépenses à l’avenir.

Les données transactionnelles indiquent que, depuis la période de prudence financière qui a suivi la pandémie, une part plus importante des capitaux est orientée vers des produits à rendement plus élevé plutôt que vers des comptes d’épargne peu rémunérateurs.

Alignement sur les objectifs de l’Union européenne

Cette tendance s’aligne sur les objectifs de l’Union européenne, qui cherche à mettre en place un marché des capitaux plus unifié afin de réorienter environ 10 000 milliards d’euros vers des investissements offrant de meilleurs rendements. De même, les efforts de l’Allemagne pour intégrer des éléments du marché des capitaux dans son système de retraite public pourraient accélérer ce mouvement.

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a déjà critiqué la préférence régionale pour les actifs à faible risque, arguant que cette prudence empêche les ménages d’accumuler la richesse observée aux États-Unis.

L’écart persistant en matière de dépenses

Les économistes suggèrent qu’à mesure que les Européens se familiarisent avec les produits d’investissement, le besoin perçu de disposer d’énormes « filets de sécurité » sous forme de liquidités pourrait diminuer. Ce changement de mentalité pourrait amener les ménages à dépenser une part plus importante de leurs revenus, ce qui donnerait un coup de pouce durable à l’économie.

Malgré ces évolutions, l’écart reste important. Les données du premier trimestre 2026 révèlent que les Européens ont dépensé environ 85,74 euros pour chaque tranche de 100 euros de revenu disponible, sans atteindre la moyenne d’avant la pandémie, qui était de 87,50 euros. ING estime qu’un retour aux niveaux de dépenses d’avant la pandémie de Covid entraînerait une hausse du PIB de 1 pour cent, tandis qu’aligner les habitudes de consommation sur celles des Américains se traduirait par une augmentation de 2 pour cent. En fin de compte, les chercheurs concluent que l’Europe n’a pas encore surmonté ses défis fondamentaux en matière de dépenses de consommation. (fc)

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