Principaux renseignements
- Herman Gref, le PDG de Sberbank, exhorte la banque centrale russe à baisser les taux d’intérêt afin d’éviter un effondrement économique.
- La chute des investissements et la révision à la baisse des prévisions de PIB laissent présager un ralentissement marqué de la croissance.
- La Sberbank affiche des bénéfices records malgré l’épuisement généralisé de la société et des entreprises.
Herman Gref, le directeur général de la Sberbank, a une nouvelle fois exhorté la Banque centrale russe à réduire son taux d’intérêt directeur. S’exprimant lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires de la société, Gref a averti que l’économie ne pouvait pas supporter indéfiniment des taux d’intérêt réels excessivement élevés, laissant entendre que les efforts actuels visant à freiner l’inflation — largement alimentée par les dépenses militaires — avaient été trop agressifs.
Critique de la politique monétaire
Alors que la banque centrale avait auparavant poussé les taux à un pic de 21 pour cent fin 2024 pour lutter contre la flambée de l’inflation avant de les ramener récemment à 14,25 pour cent, les responsables ont laissé entendre que les taux pourraient rester élevés. Cette prudence s’explique par un déficit budgétaire croissant et l’instabilité au sein du secteur national des carburants.
Gref a critiqué cette approche, la qualifiant d’illogique, en faisant valoir que le resserrement monétaire est un outil inapproprié pour faire face à des chocs temporaires, tels que l’impact des frappes ukrainiennes sur les raffineries de pétrole ou les perturbations énergétiques résultant des conflits impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran.
Baisse des investissements
Le directeur de la Sberbank a mis en évidence une tendance inquiétante concernant les dépenses d’investissement, soulignant que celles-ci ont déjà chuté de plus de 14 pour cent et devraient continuer à baisser. Ces inquiétudes rejoignent les prévisions révisées du gouvernement, qui tablent désormais sur une maigre croissance du PIB de 0,4 pour cent pour 2026, contre une projection antérieure de 1,3 pour cent. Gref avait précédemment qualifié de véritable miracle le fait que la Russie ait réussi à maintenir une certaine croissance malgré ces pressions financières.
Au-delà des aspects économiques, Gref a évoqué le conflit en cours en Ukraine, affirmant que tant la population que le secteur privé sont en proie à l’épuisement. Il a fait remarquer que le souhait d’une conclusion rapide des hostilités militaires est un sentiment partagé par la quasi-totalité de la population du pays.
Bénéfices records
Malgré ces avertissements systémiques, la Sberbank a fait état d’une solide santé financière. La banque a annoncé qu’elle verserait des dividendes records de 850,2 milliards de roubles (9,6 milliards d’euros) sur la base de ses résultats de 2025, marquant ainsi la quatrième année consécutive de versements de cette ampleur.
Cette décision fait suite à un bénéfice record de 1 690 milliards de roubles (19 milliards d’euros), soit une hausse de 8,4 pour cent par rapport à la période précédente. Le gouvernement russe comptant largement sur les dividendes des entités contrôlées par l’État pour financer son budget, la part de l’État dans cette distribution s’élèvera à 425 milliards de roubles (4,7 milliards d’euros). (fc)
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