Principaux renseignements
- La Turquie cherche à se doter de systèmes de défense aérienne de pointe par le biais d’une production conjointe et de l’intégration du programme national « Steel Dome ».
- Ankara exige la suppression des barrières commerciales de l’UE afin d’accroître sa part dans les projets de défense continentaux.
- Les dépenses de défense devraient atteindre 5 pour cent du PIB d’ici 2035 afin de moderniser les capacités cybernétiques et navales.
Le ministre de la Défense, Yaşar Güler, a annoncé que la Turquie explorait différentes pistes pour renforcer sa protection aérienne, notamment l’acquisition de systèmes franco-italiens SAMP-T ou de missiles américains Patriot. Bien que le pays soit ouvert aux partenariats internationaux, Güler a souligné que toute coopération devait impliquer une production conjointe et des transferts de technologie afin de garantir la pérennité à long terme et l’alignement sur les objectifs de l’alliance.
Cet effort vient compléter le développement interne par la Turquie du « Steel Dome », un réseau de défense national complet et multicouche intégrant des radars, des capteurs et des batteries de missiles locaux pour contrer les menaces à différentes altitudes.
Intégration européenne
Sur le plan géopolitique, la Turquie milite en faveur d’une intégration plus poussée dans les cadres de défense européens. Le président Recep Tayyip Erdoğan a appelé à la suppression des barrières commerciales entre les alliés de l’OTAN, arguant que les contributions de la Turquie à la sécurité continentale sont souvent sous-évaluées.
L’initiative « Security Action for Europe » (SAFE) de l’UE constitue un principal point de discorde Actuellement, les pays non membres de l’UE, comme la Turquie, ne peuvent prendre en charge que 35 pour cent des coûts des composants des armements financés. Pour augmenter cette part, Ankara devrait établir un partenariat de sécurité avec l’UE, ce qui nécessite l’accord unanime de tous les États membres.
Objectifs financiers
En ce qui concerne les engagements financiers, la Turquie s’efforce d’atteindre un objectif de dépenses de défense de 5 pour cent de son PIB d’ici 2035. Le ministre Güler a déclaré que le gouvernement avait l’intention d’atteindre ses principaux objectifs en matière de capacités d’ici 2029, les financements étant axés sur la cyberdéfense, les projets navals, les systèmes sans pilote et la défense aérienne.
Ces avancées interviennent alors que la Turquie se prépare à accueillir un sommet majeur de l’OTAN à Ankara, visant à renforcer la cohésion et la dissuasion de l’alliance.
L’avenir de l’OTAN et des relations avec les États-Unis
Répondant aux inquiétudes concernant le rôle des États-Unis au sein de l’OTAN, M. Güler a laissé entendre que les tensions récentes et les menaces de retrait s’inscrivent en réalité dans un processus d’adaptation de l’alliance à un nouvel environnement sécuritaire. Il estime que Washington n’a pas l’intention de quitter le bloc, mais exhorte plutôt ses alliés européens et canadiens à assumer une plus grande responsabilité quant à leur propre sécurité régionale.
Il a affirmé que le lien stratégique entre les États-Unis et l’Europe, notamment en matière de partage nucléaire et de dissuasion élargie, reste essentiel à la stabilité de la région euro-atlantique. (fc)
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