La Thaïlande mise désormais sur les touristes aisés plutôt que sur le tourisme de masse


Principaux renseignements

  • La Thaïlande privilégie les visiteurs à fort pouvoir d’achat plutôt que le volume massif de touristes.
  • De nouveaux créneaux de luxe visent à augmenter les dépenses moyennes des voyageurs.
  • Des réglementations plus strictes en matière de visas visent à lutter contre la criminalité et le travail illégal.

La Thaïlande réoriente sa stratégie touristique : elle renonce à la course aux chiffres d’affluence records pour privilégier la contribution financière de chaque visiteur. Pendant des années, le pays a mesuré son succès à l’aune du volume, mais le gouvernement privilégie désormais les voyageurs à fort pouvoir d’achat plutôt que le tourisme de masse. Ce changement se reflète clairement dans l’objectif modeste fixé cette année, à savoir 33 millions de visiteurs, un chiffre nettement inférieur aux près de 40 millions enregistrés en 2019. Selon Nithee Seeprae, vice-gouverneur de l’Office national du tourisme de Thaïlande, ce changement d’orientation est une réponse nécessaire à la concurrence régionale et à l’instabilité politique mondiale.

Cibler des niches à forte valeur ajoutée

Pour attirer ces visiteurs fortunés, l’Office du tourisme met en avant des niches spécialisées telles que les séjours bien-être, le tourisme médical, les événements sportifs professionnels et les festivals de grande envergure. Les récentes campagnes promotionnelles menées dans des villes britanniques comme Manchester et Oxford reflètent cette orientation vers des « marchés de qualité ».

L’objectif est de faire passer la dépense moyenne par touriste de 1 500 dollars à environ 2 400 dollars, même si les recettes internationales globales ne devraient connaître qu’une légère augmentation cette année.

Durcissement des règles d’entrée

Cette réorientation stratégique se traduit également par un durcissement des politiques en matière de visas. Le gouvernement a annulé certaines des mesures d’assouplissement des conditions d’entrée mises en place pendant la pandémie, invoquant un lien entre la facilitation de l’accès au territoire et une augmentation des délits impliquant des étrangers, du travail illégal et des séjours non autorisés.

L’arrestation récente et très médiatisée d’un ressortissant australien à l’aéroport de Bangkok souligne les préoccupations en matière de sécurité qui motivent ces changements de politique.

Risques économiques

Cependant, la transition vers un modèle à faible volume et à forte valeur ajoutée présente des défis économiques importants. Le tourisme représentant environ 20 pour cent de l’économie nationale, de nombreuses entreprises locales — notamment les magasins de plongée, les restaurants et les prestataires de transport — dépendent d’un afflux constant de touristes en masse.

Les grandes destinations telles que Chiang Mai et Phuket ont été conçues pour accueillir un grand nombre de visiteurs, ce qui rend cette transition difficile.

Concurrence régionale

De plus, la Thaïlande est confrontée à une concurrence acharnée de la part de l’Indonésie et du Vietnam, qui sont devenus des destinations plus attractives pour les voyageurs soucieux de leur budget. La force du baht thaïlandais a encore réduit l’avantage historique du pays en tant que destination bon marché. Alors que le pays prospérait auparavant grâce à la combinaison de coûts abordables et d’un afflux de touristes chinois, cette dynamique ne s’est pas entièrement rétablie après la pandémie.

Malgré cela, les responsables affirment que leur nouvelle approche du « luxe » ne vise pas à exclure les voyageurs à petit budget, mais plutôt à offrir des expériences exclusives et enrichissantes.

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