Principaux renseignements
- La Belgique a l’intention de se retirer du programme Future Combat Air System (FCAS) car celui-ci « ne présente plus aucun intérêt ».
- Bien qu’il n’y ait pas encore de communiqué officiel, il semble que ce projet soit sur le point d’être définitivement abandonné en raison de divergences entre les initiateurs français et allemands.
- Les priorités en matière de défense s’orientent désormais vers les avions de combat collaboratifs et les systèmes sans pilote.
Le ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA), a annoncé son intention de recommander au gouvernement belge de renoncer à son statut d’observateur au sein du Future Combat Air System (FCAS). S’exprimant devant la Chambre des représentants, Francken a affirmé que ce programme n’offrait actuellement que des avantages négligeables à la Belgique.
FCAS
Le FCAS (ou SCAF en français) est une initiative stratégique européenne en matière de défense menée par la France et l’Allemagne, auxquelles l’Espagne s’est jointe par la suite. Son objectif est de développer un « système de systèmes » de nouvelle génération, comprenant un avion de chasse principal intégré à un « cloud de combat » composé de drones autonomes.
Cette technologie est destinée à remplacer à terme la flotte actuelle d’Eurofighters et de Rafales. Bien que la Belgique ait rejoint l’initiative en tant qu’observateur début 2024, Francken a souligné que les pays partenaires n’avaient pas fourni d’informations officielles ni convoqué les réunions du groupe de travail demandées, obligeant la Belgique à se fier aux informations relayées par les médias plutôt qu’à des communications officielles. Entre-temps, le projet semble voué à l’échec en raison de besoins opérationnels et d’objectifs stratégiques contradictoires.
Conséquences financières limitées
Sur le plan financier, le rôle d’observateur devait coûter à la Belgique 360 millions d’euros d’ici 2030. Alors qu’un gouvernement précédent avait alloué près de 70 millions d’euros pour préparer l’industrie de défense nationale au développement d’avions de sixième génération, le porte-parole de Francken a précisé que très peu de cette somme avait en réalité été dépensée spécifiquement pour le projet SCAF, à l’exception d’un montant modeste versé à une entreprise de Charleroi. Ces investissements industriels peuvent être réaffectés à d’autres initiatives de défense.
Au lieu du projet SCAF, Francken donne la priorité aux avions de combat collaboratifs (CCA), qui mettent l’accent sur des systèmes sans pilote avancés conçus pour opérer aux côtés d’avions existants tels que le F-35. Il a indiqué que cette orientation suscitait un intérêt industriel considérable.
Réponse aux critiques politiques
Répondant aux critiques des partis d’opposition tels que le PS et le PVDA-PTB, Francken a réfuté les allégations selon lesquelles il favoriserait exclusivement les achats militaires américains. Il a souligné que la Belgique restait attachée à la coopération européenne en matière de défense et considérait des alliés comme les Pays-Bas et l’Allemagne comme des partenaires essentiels.
Tout en reconnaissant que le SCAF était un « projet de prestige » très médiatisé qui n’avait pas donné de résultats pour la Belgique, il a affirmé que cela ne signifiait pas pour autant un échec plus général de la collaboration militaire européenne. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

