Principaux renseignements
- Le raffermissement du dollar et la hausse des rendements des bons du Trésor font baisser les cours de l’or.
- ING a revu à la baisse ses objectifs de cours pour l’or et l’argent.
- Les banques centrales assurent la stabilité à long terme et continueront à augmenter leurs réserves d’or dans les années à venir.
Une récente baisse des prix de l’or a entraîné une révision des prévisions financières. La semaine dernière, Goldman Sachs a ajusté ses prévisions concernant l’or. Aujourd’hui, ING a également revu à la baisse ses objectifs de cours pour l’or, tout en restant optimiste quant aux perspectives à long terme. Après avoir atteint des niveaux records plus tôt cette année, l’or au comptant s’échange désormais autour de 4.004 dollars l’once (18h20). Les contrats à terme sur l’or enregistrent également une baisse de 3,12 pour cent (4.019,60 dollars l’once) et affichent une légère baisse depuis le début de l’année sur une base cumulée (year-to-date). Ce recul est largement attribué au renforcement du dollar américain, à la hausse des rendements des bons du Trésor et à un recul de l’appétit des investisseurs, ce qui pousse ces derniers à réévaluer les facteurs qui avaient soutenu la précédente hausse.
Objectifs de cours révisés
La faiblesse actuelle du marché suggère que les investisseurs privilégient les taux d’intérêt élevés et des conditions financières strictes au détriment des actifs refuges traditionnels, malgré une instabilité mondiale persistante et les achats des banques centrales. En conséquence, ING a revu ses objectifs de cours à la baisse. La société prévoit désormais que l’or s’établira en moyenne à 4 300 dollars l’once au troisième trimestre 2026 et à 4 600 dollars au quatrième trimestre 2026, ce qui représente une baisse par rapport aux estimations précédentes de 4 850 et 5 000 dollars.
L’influence de la politique monétaire
Ce revirement s’explique principalement par un changement dans la façon dont les marchés perçoivent les taux d’intérêt. Suite aux indications de la Réserve fédérale, les anticipations d’assouplissement monétaire ont été repoussées, ce qui a stimulé les rendements et le dollar. Ce contexte est généralement défavorable à l’or. De plus, les crises géopolitiques n’ont pas déclenché la vague habituelle d’achats de valeurs refuges ; au contraire, les marchés se concentrent sur la manière dont ces tensions pourraient alimenter l’inflation et influencer les politiques des banques centrales.
Évolution des tendances d’investissement
Les tendances d’investissement ont également changé de cap. Alors que les ETF sur l’or avaient enregistré une croissance significative en début d’année, cette tendance s’est inversée en mars, les investisseurs nord-américains ayant commencé à prendre leurs bénéfices en réaction au renforcement du dollar. Les encours mondiaux des ETF ont baissé d’environ 1,5 pour cent depuis le début de l’année, ce qui suggère que le soutien des investisseurs sera moins solide qu’en 2025.
Le rôle des banques centrales
Au cours du premier trimestre 2026, les banques centrales ont acquis environ 244 tonnes d’or, la Chine et la Pologne figurant parmi les acheteurs les plus actifs. La demande à long terme reste forte, une enquête du World Gold Council indiquant qu’une grande majorité des banques centrales ont l’intention d’augmenter leurs réserves d’or au cours des prochaines années afin de diversifier leurs avoirs.
La demande d’or provient principalement des économies émergentes et en développement. Dans ce groupe, 53 pour cent des banques centrales s’attendent à augmenter encore leurs réserves d’or, contre seulement 18 pour cent dans les économies avancées. Afin de préserver leurs réserves en devises étrangères, de nombreuses banques centrales optent pour des méthodes de financement alternatives. Environ la moitié prévoit d’acheter de l’or auprès de producteurs miniers nationaux en utilisant leur propre monnaie, tandis que 38 pour cent envisagent de céder d’autres actifs de réserve afin de financer ces achats.
Valeur structurelle et volatilité
En fin de compte, la correction actuelle des prix est considérée comme le résultat de pressions macroéconomiques temporaires plutôt que comme un affaiblissement de la valeur sous-jacente de l’or. Même si la trajectoire vers des prix plus élevés pourrait s’avérer plus volatile et plus lente qu’initialement prévu, les facteurs structurels fondamentaux restent valables.
Perspectives de l’argent
De même, les perspectives pour l’argent ont été revues à la baisse. ING a revu ses prévisions à la baisse, à 68 dollars l’once pour le troisième trimestre 2026 et à 74 dollars pour le quatrième trimestre 2026. Cette révision s’explique par la conjonction de facteurs défavorables généraux pesant sur les métaux précieux et d’un ralentissement de la demande en énergie solaire, en partie dû à des évolutions technologiques qui réduisent la quantité d’argent nécessaire par panneau. Les contrats à terme sur l’argent s’échangent actuellement à 58,71 dollars l’once, en baisse de 5,41 pour cent.
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