Principaux renseignements
- L’armée de l’air américaine investit 7 milliards de dollars (6,2 milliards d’euros) pour transformer une base militaire en Alaska en un pôle de haute technologie dédié aux avions de combat.
- Des infrastructures renforcées garantissent la survie des appareils face aux menaces modernes que représentent les missiles et les drones.
- Des méthodes d’approvisionnement alternatives permettront d’accélérer la construction afin de prendre en charge les chasseurs furtifs de nouvelle génération.
L’armée de l’air américaine lance une modernisation de grande envergure de la base interarmées d’Elmendorf-Richardson (JBER) à Anchorage, en Alaska, afin de renforcer ses capacités opérationnelles dans les secteurs du Pacifique et de l’Arctique. Connu sous le nom de programme « Fightertown Recapitalization » (FTR), ce projet devrait coûter environ 7 milliards de dollars. L’objectif est de transformer l’avant-poste existant en un centre de chasse sophistiqué capable de soutenir les opérations aériennes de nouvelle génération dans des régions où l’instabilité stratégique ne cesse de croître. C’est ce qu’indique le site web spécialisé The War Zone.
Renouvellement des infrastructures
Des documents récents du Corps des ingénieurs de l’armée américaine indiquent que les infrastructures aéroportuaires actuelles sont insuffisantes pour répondre aux besoins futurs, ce qui nécessite le développement d’un nouveau campus intégré. Cette approche globale vise à aligner la construction des installations sur les besoins en matière d’acquisition d’appareils et de logistique.
Les infrastructures prévues comprennent des ateliers de maintenance, des unités de contrôle de la corrosion, des centres d’opérations d’escadrons et des hangars pour avions, ainsi que d’importantes modernisations de l’aérodrome telles que de nouvelles aires de stationnement, des voies de circulation et des surfaces d’exploitation spécialisées.
Être prêt pour la Russie ou la Chine
Afin d’atténuer les risques en cas de conflit potentiel avec des adversaires tels que la Russie ou la Chine, le projet accordera probablement la priorité à la capacité de survie. Cela pourrait inclure la mise en place d’abris renforcés pour les avions afin de protéger les moyens contre les menaces modernes que représentent les missiles et les drones.
L’écosystème élargi comprendra également un complexe de munitions, des stations de ravitaillement en carburant, des entrepôts, des simulateurs d’entraînement et des logements pour le personnel, ainsi que des installations de lutte contre les incendies et de contrôle des visiteurs.
Approvisionnement
Le processus d’approvisionnement lié à cette initiative s’écartera des procédures habituelles de passation de marchés militaires. En s’appuyant sur les dispositions de la loi de finances de la défense nationale pour l’exercice 2026, le gouvernement entend recourir à des méthodes alternatives telles que l’« Other Transaction Authority » (OTA) et le « Progressive Design-Build » (PDB).
Cette stratégie vise à réduire au minimum les retards bureaucratiques fédéraux et à encourager l’innovation du secteur privé en matière de construction et de solutions techniques.
Un maillon essentiel de la défense mondiale
La situation géographique de la base JBER en fait un maillon essentiel entre l’Amérique du Nord, l’Arctique et la région indo-pacifique. Actuellement, la base soutient la 11e Force aérienne et la 3e Escadre, en gérant une flotte de F-22 Raptors, d’avions de transport C-17 et d’appareils E-3 Sentry. Elle accueille également la 176e escadre de la Garde nationale aérienne de l’Alaska.
L’importance de la base s’est accrue avec l’arrivée du 55e groupe d’opérations, détachement 1, qui utilise des avions RC-135V/W Rivet Joint pour la collecte de renseignements dans le Pacifique Nord.
Prêts pour l’avenir, avec le F-47
À l’avenir, JBER est en passe d’accueillir potentiellement le chasseur furtif de sixième génération F-47 à partir de 2028 environ. Le F-47 constituerait probablement le cœur de ce pôle réorganisé, intégrant des moyens pilotés et autonomes. Par conséquent, le plan de renouvellement des équipements pourrait être spécialement conçu pour répondre aux exigences techniques de ce futur avion.
Cette expansion en Alaska sans précédent témoigne de l’engagement à long terme du Pentagone à sécuriser les régions indo-pacifique et arctique. De plus amples détails concernant la mise en œuvre et la portée du projet devraient être dévoilés à l’issue des prochaines réunions d’information avec les partenaires industriels. (fc)
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