Gouvernements élargis, hausse des taxes et démondialisation: 5 changements qui caractériseront l’économie post-Covid

Dambisa Moyo (Foto: A Davidson/SHM/REX/Shutterstock)

L’économiste et écrivaine zambienne Dambisa Moyo pense que le monde sera différent après la crise du Covid. Moyo a travaillé pendant 2 ans à la Banque mondiale et 8 ans chez Goldman Sachs. Elle est titulaire d’un doctorat en économie de l’Université d’Oxford et d’une maîtrise en administration publique de la Kennedy School of Government de Harvard.

L’économiste et écrivaine zambienne Dambisa Moyo pense que le monde sera différent après la crise du Covid. Moyo a travaillé pendant 2 ans à la Banque mondiale et 8 ans chez Goldman Sachs. Elle est titulaire d’un doctorat en économie de l’Université d’Oxford et d’une maîtrise en administration publique à Kennedy School of Government de Harvard.

Ses prédictions pour le monde de demain sont basées sur son étude de l’âge d’or économique aux États-Unis, que l’on peut situer entre 1870 et 1900. À l’époque, des familles comme les Rothschild, les Rockefeller et les Vanderbilt dirigeaient le monde. Leur pouvoir reposait sur les affaires, la finance et la politique, en Europe et aux États-Unis.

Pendant cette période, les États-Unis ont connu une croissance économique rapide, mais il y avait de grandes disparités économiques entre les riches et les pauvres. Des monopoles et des oligopoles se sont également formés dans des secteurs comme les chemins de fer, le pétrole, la banque, le tabac, le textile, l’alcool, etc. Des syndicats puissants ont également vu le jour.

Selon Moyo le monde est à la veille d’une série de développements qui changeront radicalement l’économie.

1. La taille des gouvernements

Avec la vision du monde plus progressiste que l’on connait depuis plusieurs années, les gouvernements vont continuer d’augmenter en taille. Leurs rôles en tant que fournisseurs de biens communs vont se multiplier. Mais cela implique que les gouvernements vont également s’endetter davantage et le déficit budgétaire ne va cesser de s’agrandir. Un grand gouvernement n’est généralement pas synonyme d’un gouvernement efficace.

2. La place des gouvernements dans le travail et le capital

Le rôle du gouvernement en tant qu’arbitre de la répartition du capital et du travail s’élargit petit à petit. Les autorités se préoccuperont encore plus des emplois dans le pays et du soutien financier aux entreprises. Le meilleur exemple est le rachat d’actions, d’obligations et de crédits indésirables par les banques centrales que l’on voit au Japon et aux États-Unis. En outre, l’État aidera de plus en plus les personnes sans emploi.

3. La part du secteur privé

L’expansion de la place du gouvernement dans la société va réduire obligatoirement la part du secteur privé. La preuve : la baisse continue au cours de ces dernières décennies du nombre de sociétés cotées en Bourse, qui résulte, en partie, des consolidations par fusions et acquisitions. Mais les réglementations de plus en plus nombreuses auxquelles les entreprises doivent se conformer n’y sont pas pour rien non plus. On assiste aussi à un changement d’attitude dans la société. La priorité n’est plus de faire du profit, mais de créer une entreprise durable.

4. La fiscalité et les réglementations

À l’avenir, il faudra s’attendre à une multiplication du nombre de taxes et des nouvelles réglementations. C’est une tendance que le monde a enregistrée pour la première fois après la Grande Dépression de 1929. Étant donné qu’aujourd’hui des secteurs tels que la technologie, la pharmacie, la banque et les compagnies aériennes sont dominés par un nombre très limité d’entreprises, les gouvernements vont encore resserrer les règles de concurrence pour mettre fin aux oligopoles existants.

5. La démondialisation

La démondialisation était déjà en hausse avant la crise et cela devrait devenir la norme assez rapidement. Outre le commerce mondial, la libre circulation des personnes (politique anti-immigration) et des capitaux va aussi diminuer. La Banque mondiale, le FMI et les grandes institutions internationales vont perdre une partie de leur influence. Il y a également un risque qu’Internet se fragmente, avec les États-Unis et la Chine qui créeraient leur propre réseau Internet. Le multilatéralisme alternatif – dans lequel un groupe de pays conclut des accords alternatifs à partir du courant dominant – est, lui aussi, en augmentation.