Google devient-elle écolo? L’entreprise restreint ses services aux compagnies pétrolières et gazières

Texas – EPA

Google ne concevra plus d’outils à intelligence artificielle pour les compagnies pétrolières et gazières. Un nouvel engagement écologique que l’entreprise a amorcé suite à une étude de Greenpeace. L’ONG explique comment les géants tech américains aident les entreprises pétrolières et gazières à trouver des combustibles fossiles dans le monde entier.

Google voudrait-elle se racheter une conscience? S’agit-il d’un changement structurel ou d’un simple coup de com’? La manœuvre pourra en tout cas plaire aux organisations et militants écologiques. C’est d’ailleurs à la plus célèbre d’entre elles qu’on le doit, Greenpeace. Son rapport intitulé ‘Les entreprises technologiques aident les grandes compagnies pétrolières à tirer profit de la destruction du climat’ n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. C’est qu’il vise explicitement Google, mais aussi Amazon et Microsoft.

Le constat pour les GAFAM n’est pas très reluisant. Greenpeace montre que les géants tech utilisent l’intelligence artificielle et les serveurs de données pour aider Shell, BP et ExxonMobil à localiser et à extraire les gisements de pétrole et de gaz de la terre.

‘La société ne construira pas d’algorithmes AI/ML personnalisés pour faciliter l’extraction en amont dans l’industrie du pétrole et du gaz’, a réagi un porte-parole de Google dans une interview à CNBC.

Il a aussi déclaré que Google Cloud avait pris 65 millions de dollars aux compagnies pétrolières et gazières en 2019, représentant moins de 1% des revenus totaux de Google Cloud. L’entreprise ne prend donc pas de grands risques vu sa part très limitée dans ce secteur spécifique.

Selon des données de HG Insights, le secteur du pétrole et du gaz devrait dépenser 1,3 milliard de dollars pour le cloud computing en 2020. ‘Google Cloud ne représente qu’un faible pourcentage de ces dépenses globales’, a souligné le porte-parole de l’entreprise.

Ce n’est pas non plus tellement une surprise de la part de Google, qui est considérée comme l’un des géants tech les plus vert au monde. L’entreprise est neutre en carbone depuis 2007 grâce à des stratégies telles que l’achat d’énergie renouvelable pour compenser son utilisation d’énergie non renouvelable.

Greenpeace satisfait, quid des autres GAFAM?

L’ONG salue néanmoins l’initiative engagée de Google. ‘Alors que Google a toujours des contrats avec des compagnies pétrolières et gazières que nous espérons voir résiliés, nous saluons la décision de Google de ne plus créer de solutions personnalisées pour l’extraction de pétrole et de gaz en amont’, a déclaré Elizabeth Jardim, responsable de la campagne de Greenpeace USA. Mais elle n’en reste pas là et décoche une nouvelle flèche.

‘Nous espérons que Microsoft et Amazon suivront rapidement en s’engageant à mettre fin aux partenariats d’IA avec les entreprises pétrolières et gazières, car ces contrats sont en contradiction avec leurs objectifs climatiques déclarés et accélèrent la crise climatique.’

Notons par exemple l’initiative ‘Bezos Earth Fund’ du patron d’Amazon, Jeff Bezos, un fonds à 10 milliards de dollars pour aider les scientifiques et les militants dans la lutte contre le changement climatique. Pourtant, l’entreprise a été récemment critiquée pour menacer de licenciement ses employés mécontents des (faibles) mesures climatiques. Et contrairement à Google qui est neutre en carbone depuis 13 ans, Amazon s’est engagé à atteindre cet objectif d’ici… 2040.

De son côté, Microsoft s’est engagé à l’être d’ici 2030. ‘Nous sommes d’accord sur le fait que le monde est confronté à un problème urgent de carbone et que nous devons tous faire plus et aller plus vite pour atteindre un avenir net zéro carbone’, a aussi répondu la firme.

‘Certaines des compagnies pétrolières les plus sales au monde’

Reste-t-il que malgré ces intentions futures, et même l’engagement plus appuyé de Google, les entreprises tech doivent faire profil bas en matière de responsabilité climatique.

‘Malgré les engagements pris par les plus grandes entreprises de l’informatique dématérialisée pour lutter contre le changement climatique, Microsoft, Google et Amazon ont tous des liens avec certaines des compagnies pétrolières les plus sales au monde dans le but explicite de faire sortir davantage de pétrole et de gaz du sol et de le mettre sur le marché plus rapidement et à moindre coût’, indique le rapport de Greenpeace.

Concernant Amazon, l’entreprise de Jeff Bezos a des contrats ‘en grande partie dans les phases intermédiaires et en aval de la production de pétrole’, et se concentre sur les pipelines, le transport et le stockage pour les compagnies pétrolières et gazières.

Bref, il faudra bien plus que 10 milliards de dollars pour prouver sa bonne volonté en matière climatique. Greenpeace a contacté Amazon mais l’entreprise n’a toujours pas commenté.

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