Exportations de pétrole : malgré une diminution de l’appétit asiatique, la Russie réalise une performance historique

Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les Européens se sont montrés plus frileux à l’idée d’acheter du pétrole russe. Plusieurs pays asiatiques en ont profité pour en acheter à bas prix. Mais le phénomène semble s’essouffler.

Dans les mois qui ont suivi le début de la guerre en Ukraine, les pays asiatiques, la Chine et l’Inde en tête, se sont rués sur le pétrole russe, bon marché. Mais depuis le mois de juin, les exportations de brut russe vert l’Asie ont commencé à diminuer. Jusqu’à atteindre leur point le plus bas (depuis mars) la semaine dernière.

Ainsi, d’après les données de Bloomberg, lors de la semaine qui s’est terminée le 26 août, les expéditions de pétrole russe vers les pays asiatiques ont diminué de 500.000 barils par jour, pour atteindre 1,59 million de barils par jour.

Conséquence : durant cette même semaine, la Russie a exporté au total 3,04 millions de barils par jour, contre 3,62 lors de la semaine précédente.

Un mois d’août historique

Ces données récentes et précises étant connues, si on élargit la focale, le mois d’août a tout de même été historique pour les exportations de brut russe. Selon l’Institute of International Finance, la Russie n’avait jamais écoulé autant de pétrole lors des mois d’août des autres années.

La capacité des pétroliers quittant les ports russes – un indicateur des exportations – a atteint un peu moins de 160 millions de barils le mois dernier, a calculé l’institut. Cette belle performance aurait en grande partie été permise par les pétroliers grecs, très nombreux à transporter du brut russe.

Ces chiffres montrent que, contrairement à ce que certains analystes avaient prédit, la Russie n’a pas vu ses exportations de pétrole s’effondrer suite à sa tentative d’invasion de l’Ukraine. Sur les sept premiers mois de l’année, elle a expédié en moyenne de 7,75 millions de barils par jour. C’est même plus que la moyenne de 7,5 millions observée en 2021.

Bientôt une diminution ?

A priori, la production – et donc les exportations – de pétrole de la Russie devrait toutefois réellement diminuer au cours des prochains mois, à mesure que les sanctions internationales commenceront à faire effet. C’est en tout cas l’espoir de ceux ayant émis ces sanctions, à savoir principalement l’Union européenne et les États-Unis. Pour rappel, l’UE s’est fixé comme objectif d’imposer un embargo de l’ordre de 90% – certaines exceptions ayant été accordées – sur le pétrole russe d’ici la fin de l’année.

On notera également que la Russie est en train de se trouver un nouveau partenaire de choix en la personne de la Turquie. Important chaque jour 200.000 barils, celle-ci a déjà acheté deux fois plus de pétrole russe cette année que… sur l’ensemble de l’année dernière.

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