L’Europe envisage de se tourner vers SpaceX pour remplacer les fusées russes

L’Agence spatiale européenne doit trouver un remplaçant aux fusées russes Soyouz si elle veut poursuivre ses missions spatiales. Plusieurs options s’offrent à elle, dont l’entreprise spatiale privée SpaceX.

Les tensions géopolitiques entre l’Union européenne et la Russie ne s’arrêtent pas aux frontières terrestres. La coopération internationale au sein de l’ISS a en effet été utilisée par Moscou comme moyen de pression pour riposter aux sanctions à son encontre, aboutissant quelques semaines plus tard à l’annonce du retrait de la Russie de la Station spatiale internationale à compter de 2024. Entre temps, l’Agence spatiale européenne (ESA) a mis un terme à sa collaboration avec son homologue russe, Roscosmos, suite à l’invasion de l’Ukraine. Elle ne peut donc plus compter sur les fusées russes Soyouz pour transporter ses charges utiles et doit trouver un remplaçant.

« Je dirais qu’il y a deux options et demie dont nous discutons. L’une est clairement SpaceX. Un autre est peut-être le Japon », a déclaré le directeur général de l’ESA, Josef Aschbacher, à Reuters. L’Inde est également une option, mais « SpaceX est la plus opérationnelle de celles-ci et certainement l’un des lanceurs de secours que nous envisageons », a-t-il poursuivi.

Phase préliminaire

L’Agence spatiale européenne a déjà entamé des discussions techniques préliminaires avec SpaceX, rapporte l’agence Reuters, mais il s’agit surtout d’une phase exploratoire et rien de concret n’a été entamé. Par ailleurs, si SpaceX – ou le Japon – devait bel et bien être choisi comme remplaçant à la Russie, il ne s’agirait que d’une solution de secours temporaire.

« Nous devons bien sûr nous assurer que [les lanceurs de SpaceX] sont adaptés », a souligné le patron de l’ESA. L’agence doit en effet s’assurer de la compatibilité de ses engins avec les lanceurs des candidats.

« Nous étudions cette compatibilité technique, mais nous n’avons pas encore demandé d’offre commerciale. Nous voulons simplement nous assurer que ce serait une option afin de prendre une décision sur la demande d’une offre commerciale ferme », a déclaré Aschbacher.

Pour le directeur général de l’ESA, la constitution d’un plan de lancements de secours est nécessaire. Ce dernier devrait être présenté aux ministres des 22 pays membres de l’agence en novembre prochain. Mais pour Aschbacher, il est primordial que l’Europe développe ses propres capacités spatiales et devienne indépendante.

La guerre en Ukraine, du pain bénit pour SpaceX

Lorsque la Russie a commencé à utiliser son implication dans l’ISS comme moyen de pression sur l’Occident, Elon Musk s’est posé en sauveur en assurant que son entreprise spatiale prendrait le relai si besoin.

Depuis, les retombées politiques de l’invasion russe de l’Ukraine se sont révélées être une véritable aubaine pour SpaceX. L’entreprise spatiale privée a en effet décroché de nouveaux contrats en se positionnant comme le grand remplaçant des fusées russes, et déjà prêt à décoller.

La société Internet par satellite OneWeb, alors concurrente au projet similaire de SpaceX (Starlink), s’est tournée vers l’entreprise d’Elon Musk pour assurer le lancement de ses engins. Northrop Grummam a également réservé 3 missions sur Falcon 9 pour transporter des marchandises de la NASA vers l’ISS, après avoir perdu l’option des moteurs de fabrication russe pour la nouvelle version de sa fusée Antares.

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