Donald Trump renchérit et menace l’Irak de sanctions ‘comme jamais auparavant’

epa

Après la mort du général iranien Soleimani, le parlement irakien a adopté une résolution demandant au gouvernement d’expulser les troupes étrangères du pays. Ce à quoi Donald Trump répond par des menaces de sanctions plus terribles que jamais.

À bord du Air Force One, le président des États-Unis a déclaré aux journalistes que ‘s’ils nous demandent de partir, si nous ne le faisons pas de façon très amicale, nous leur imposerons des sanctions comme jamais auparavant. Les sanctions iraniennes auront l’air un peu plus modestes.’

Cette réaction virulente fait suite à l’adoption hier d’une résolution par le parlement irakien qui s’est réuni en session extraordinaire. Celle-ci déclare que ‘le gouvernement irakien doit s’efforcer de mettre fin à la présence de toutes les troupes étrangères sur le sol irakien et leur interdire d’utiliser ses terres, son espace aérien ou ses eaux pour quelque raison que ce soit.’

Donald Trump semble donc hors de contrôle dans l’escalade de la violence entre son pays et le Moyen-Orient… et voudrait sanctionner plus sévèrement encore l’Irak que l’Iran. Iran qui a annoncé hier se détourner de l’accord nucléaire pour ne plus limiter sa quantité d’uranium enrichi. Et a également qualifié Trump de ‘terroriste en costume’ après qu’il ait menacé d’attaquer 52 sites iraniens. Est-ce que le président américain s’inquiète des représailles de l’Iran? Sa réponse aux journalistes: ‘Si ça arrive, ça arrive. S’ils font quoi que ce soit, il y aura des représailles majeures.’

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Trump ajoute à ce propos: ‘ils sont autorisés à tuer notre peuple. Ils ont le droit de torturer et de mutiler notre peuple, ils ont le droit d’utiliser des bombes en bord de route et de faire exploser notre peuple. Et nous n’avons pas le droit de toucher à leurs sites culturels. Ça ne marche pas comme ça.’

Fin de la présence des troupes étrangères

On connait néanmoins une des raisons à cette intimidation vis-à-vis de l’Irak: ‘nous avons une base aérienne extraordinairement chère qui se trouve là-bas’, a indiqué le président américain. ‘Sa construction a coûté des milliards de dollars. Bien avant mon époque. Nous ne partirons pas à moins qu’ils nous remboursent.’

L’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France se réuniront ce lundi pour discuter de l’accord nucléaire iranien et réagiront cette semaine aux récentes annonces de Téhéran, selon le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. Mais il a déjà déclaré que menacer l’Irak de sanctions n’est ‘pas très utile’, comme le rapporte l’agence Reuters. ‘Pour convaincre l’Irak, je ne pense pas que cela fonctionne [d’utiliser] des menaces mais plutôt des arguments’, a-t-il déclaré à la radio publique Deutschlandfunk.

L’ambassadeur des États-Unis en Irak doit aussi rencontrer ce lundi le Premier ministre irakien Adel Abdul Mahdi pour discuter du futur (proche) des troupes militaires américaines en Irak. Ils ont cependant affirmé à NBC News que leur pays s’attendait déjà à ce que Mahdi informe l’ambassadeur de sa décision d’expulser les troupes américaines en Irak. À suivre donc, comme le compte Twitter saturé de menaces de Donald Trump…

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