Curevac, le prochain vaccin prévu en Belgique, a déjà des problèmes: son patron accuse les États-Unis

Franz-Werner Haas. (Christoph Schmidt/dpa)

Après Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Johnson&Johnson, le prochain vaccin attendu en Europe et en Belgique est celui de Curevac. Le PDG de la firme allemande ne donne pas des nouvelles très rassurantes.

Curevac est le troisième vaccin à ARN messager qui doit être déployé dans l’Union européenne, après ceux de Pfizer et de Moderna. Une technologie qui, jusqu’à présent, a fait ses preuves, tant aux niveau de l’efficacité que de la sécurité. Les polémiques autour de ces vaccins sont bien moins nombreuses que celles entourant le vaccin à adénovirus d’AstraZeneca et celui à vecteur viral de Johnson & Johnson.

L’UE a commandé 400 millions de vaccins à Curevac, la Belgique est censée en recevoir 2,9 millions. A la mi-février, l’Agence européenne du médicament (EMA) a ouvert une procédure d’examen en continu de ce produit. Les données autour de son efficacité et de sa sécurité sont analysées au jour le jour. Les résultats des derniers tests devraient être connus d’ici quelques semaines, et le feu vert à son déploiement dans l’UE donné dans la foulée.

America First

Interrogé par le journal allemand Der Spiegel, le PDG de Curevac, Franz-Werner Haas, a indiqué que tout ne se déroulait pas comme prévu au niveau de la production de son vaccin.

‘Nous ne recevons plus tout le temps les matériaux qu’il nous faut’, a-t-il regretté, précisant que ces exportations étaient bloquées depuis les États-Unis.

Le patron de Curevac a détaillé son propos, expliquant que sa firme commençait à être en manque de récipients en plastique spéciaux et de nucléotides, qui servent à synthétiser les fragments d’ARN à la base du fonctionnement du vaccin.

M. Haas a également indiqué la cause exacte des blocages outre-Atlantique: des restrictions liées au Defense Production Act. Cette loi américaine, activée normalement dans le cadre des efforts de guerre, peut aussi être utilisée lors de crises non militaires, telles que des pandémies. Elle donne aux agences fédérales américaines le pouvoir de donner la priorité aux commandes d’approvisionnement faites aux États-Unis.

Plus tôt, AstraZeneca avait également déploré le fait que des vaccins finis (pas des composants, cette fois) étaient bloqués par certains pays. La firme n’avait pas dit lesquels, mais les États-Unis étaient les premiers concernés. Finalement, la firme suédo-britannique a connu (et continue de connaître) de nombreux retards dans ses livraisons aux pays européens.

‘On vit au jour le jour’

Si le PDG de Curevac a reconnu les problèmes d’approvisionnement de sa firme, il ne s’est toutefois pas laissé aller à des pronostics sur les conséquences potentielles. Interrogé sur le rythme de production de cet été, il s’est contenté de dire que son entreprise vivait ‘au jour le jour’ et qu’elle avait ‘difficile à constituer un stock important’.

Curevac a déjà passé des accords avec des géants du secteur pharmaceutique en vue de produire les doses de son vaccin. Cela se passera notamment en Belgique, GSK ayant annoncé un objectif de production de 100 millions de doses pour cette année sur son site de Wavre. Des deals ont également été passés avec l’Allemand Bayer et le Suisse Novartis.

L’Union européenne a pour l’instant refusé de répondre aux inquiétudes quant à d’éventuels problèmes de production et donc de livraison du vaccin Curevac.

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Source: BusinessAM
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